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Ca a fait mal 3/3

Tuesday, September 2nd, 2008

Au point où nous en sommes, il ne nous reste que 4 étapes (4 gros paragraphes constituant un post géant) avant de se retrouver assis dans un train filant vers l’Allemagne… mais avant d’y arriver il nous reste les Dolomites, un bloc de pierre simplement “maousse”, à grimper!

Dimanche 17 Août : Grödner Joch (2137m) – Piscadiùhütte (2587m) – Boèhütte (2871m) – CapanaFassa (3152m)

Après une nuit de non-sommeil et un petit dej’ pour une fois franchement conséquent, nous attaquons un GR diabolique (le GR 666 – même pas une blague) qui grimpe directement de 400m sans demander son reste! Les derniers 100m (de dénivelée) sont presque de l’escalade sur une partie entièrement sécurisée qui ne nous rassure pas franchement plus que la veille… mais sans neige ça va quand même déjà beaucoup mieux! Une fois en haut on retrouve les paysages désolés faits de pierre et… de pierre qu’on avait parcouru la veille.

Après être passé au refuge Picadiù et avoir franchi un dernier raidillon, on atteint le plateau où la ballade redevient tranquille. Le ciel est gris, mais ça n’empêche pas les randonneurs du dimanche de se presser au portillon – on l’apprendra plus tard, de l’autre coté du plateau se trouve un téléphérique ce qui explique la quantité de gens que l’on croise, gens que l’on aurait mal vu grimper la partie que l’on s’est enfilé le matin même.

Vers 15h on attaque la dernière montée allant de la Boèhütte au refuge de Capana Fassa – plus haut sommet de notre vadrouille avec ses 3152m. Le chemin est relativement bien enneigé, ce qui ne rend pas la montée facile, de plus c’est la première fois que l’on ressent les effets de l’altitude – souffle rapidement court et petit mal de tête qui disparaît heureusement vite. Une heure plus tard on arrive au refuge et se pose devant un morceau d’ApfelStrüdel!

Le refuge est tout petit, 20 lits à tout casser et se trouve tout en haut de la montagne. A cause d’un “réflecteur téléphonique” on ne jouit pas entièrement d’une vue à 360°… mais presque! Avant que le soleil se couche, nous sommes rejoints par Manuel, Boris, “Agecanonix” et “Bonnemine” avec qui on passera une super soirée. Les personnes qui tiennent le refuge nous promettent un temps radieux pour le lendemain… je les prend au mot et règle le réveil de ma montre pour sonner à 5h30!

Lundi 18 Août : CapanaFassa (3152m) – Val Gardena (2100m) – Rifugio Vincenza (2250)

Au terme d’une (trop) courte nuit, quand mon réveil me tire du lit j’ai presque envie de lui dire d’aller se faire voir chez les grecs. Mais après un rapide coup d’œil par la fenêtre pour constater que 1) il n’y a aucun nuage 2) le ciel commence déjà à virer au rose, je m’habille et sors avec mon appareil photo! 30 minutes plus tard, le soleil est sur le point de sortir et nous sommes tous dehors à l’attendre.

Deux autres randonneurs sont là avec des réflexs (un Nikon et un autre Pentax) et on s’en donne à coeur joie… vous pouvez voir ca sur les photos ci-dessous. A 7h pêtantes nous sommes attablés devant un petit dej’ et avant 8h nous sommes de nouveau en route.

Cette journée est la première que nous faisons hors des sentiers du chemin Munich-Venise. Après une descente difficile des premiers 150m sur un sentier glacé peu recommandable, nous obliquons vers l’ouest en plein milieu d’un pierrier. La descente, de près de 1200m, est redoutable. Sur les premiers 500m, le chemin n’existe plus et il faut faire super attention à là où on pose nos pieds. Le soleil tappe comme pas permis et au milieu des pierres, la réflexion est odieuse… on est pas fachés quand on sort enfin du pierrier. La seconde partie se déroule sur un petit sentier de montagne, bien plus agréable, bien qu’aussi raide. On y croise quelques marmottes ainsi qu’un troupeau d’Edelweiß, je prend le temps de sortir l’objectif macro et de tirer quelques portaits de ces derniers!

Après la descente vient obligatoirement une remontée. On débarque sur une route où il y a au moins deux fois plus de cyclistes qui montent que descendent (on en déduit illico que ca doit être 2 fois plus marrant de monter que de descendre… logique non?). En cherchant à éviter la route je propose de couper dans les buissons à la bousole… ce qui nous conduit directement à marmotte-land. Après s’être fait surprendre par une paire de marmottes (ca fout les boules une marmotte qui siffle à 10m de vous pour prévenir ses copines qui roupillent au soleil…) Mlle V n’est franchement pas rassurée et je dois user de tous plein de stratagèmes pour la réconforter (c’est finalement la technique du “ignore et continue” qui finira par fonctionner). Une demi-heure après on débarque à touriste-land (pour le coup c’est moi qui suis aigri)… le col où on émerge de la forêt est bondé de voiture et de cars de touristes… s-u-p-e-r.

On traverse tant bien que mal et en sortant d’un virage on découvre un grand panneau nous annoncant notre entrée à… Val Gardena (passage de la coupe du monde de ski alpin si je ne m’abuse). Après 10 jours loin de tout vous imaginez que ca fait un choc… mais j’avale ma rancoeur et on grimpe le dernier raidillon.

Un bain de foule plus tard, nous voila arrivés au Refuge Vincenzo où nous attendons avec impatience le départ des touristes. Vers 17h30 nous pouvons enfin aprécier notre litre de thé sur la terrasse du refuge au milieu d’une petite douzaine d’autres randonneurs… fini le calme du Munchen-Venedict Weg, nous voila de retour au milieu de la civilisation.

Mardi 19 Août : Rifugio Vincenza (2250) – Rifugio Bolzano (2460m)

Depuis le refuge, on voit presque le refuge suivant dans le lointain. En regardant la carte on se dit (probablement à raison) que la trajectoire directe serait trop courte et on choisit donc quelques chemins de traverse nous conduisant au bord du Rosengarten, un autre massif rocheux au moins aussi impressionnant que les Dolomites.

On passe tout d’abord au large de la Murmeltierhütte (littéralement “refuge des marmottes”) où on y voit… des vaches… et atterris dans une zone où les chevaux se promènent presque en liberté. Après une halte dans un alpage pour acheter du fromage et du pain on reprend la route pour se trouver un endroit où pic-niquer. Quelques montées et descentes plus tard, on sort la carte et se rend compte de notre erreur. Si on l’avait regardé avec un peu plus d’attention, on se serait rendu compte que si l’altitude globale de ce chemin secondaire ne semble pas varier de plus de 100m, il n’y a presque aucun moment où il est plat… bref, la ballade se transforme en montagnes russes… au temps pour le repos des guerriers!

Les paysages sont tout de même splendides et le temps est radieux jusqu’à 15h, heure où on arrive en vue de notre dernier refuge qui disparait vite de notre vue pour se cacher dans les nuages. Ce refuge ne nous laissera pas un souvenir impérissable, trop grand et trop gros en comparaison des jours précédents… peut-être aussi car sachant que la fin est proche, on a envie que ca se termine encore plus vite.

Mercredi 20 Août : Rifugio Bolzano (2460m) – Presule (800m) – Bozen (~500m)

Au réveil, le refuge est toujours immergé dans un brouillard épais. Heureusement les signes du GR sont peints sur de grosses pierres dressées ça et là que l’on repère assez facilement. Par deux fois on croise un troupeau de chamois émergeant du brouillard, c’est tout ce qu’il y a de passionnant à décrire sur cette partie. 45 min après notre départ, la redoutable descente commence accompagnée d’une pluie fine. Pour passer le temps, j’attaque le récit de l’histoire de Warcraft qui me prendra près de 2h30.

On avale les kilomètres aussi vite que possible et c’est vers 13h que l’on atteint Presule où on finit par trouver un arrêt de bus pour parcourir les 16km qui nous séparent de Bozen.

Après un déjeuner sous forme de Pizza (eh on est en Italie ou bien?), à 14h30 nous nous retrouvons assis dans un train en direction de Munich. Dès le départ on se demande ce qui se passe car plusieurs groupes de policiers patrouillent sur le quai. Peu de temps après le départ, un couple de policiers passe devant notre compartiment sans s’arrêter, puis reviens en courant, nous dévisage et repart! Au passage de la frontière autrichienne, ce sont alors des douaniers autrichiens qui patrouillent et ce coup-ci ouvrent le compartiment et demandent qqch en Italien à l’un des passagers qui est avec nous avant de repartir apparemment rassurés… nous pas ^^.

La fin des haricots

C’est vers 21h que l’on atteint enfin Nuremberg au terme d’une randonnée de plus de 200km, s’étirant entre l’Autriche et l’Italie, passant une fois au dessus de 3150m et comptant plus de 10km de dénivellée dans chaque sens.

Que peut-on dire de plus? Que 3 paires de chaussettes et autant de teeshirts auraient suffit pour toute la durée de la rando? Que le matos photo c’est vraiment lourd et que finalement j’aurais pu me passer du téléobjectif? Que le sparadrap toilé anti-frottements ca marche super bien (pas une ampoule de toute la virée)? Mais finalement, avec mon sac à dos bien trop lourd (17kg environ) j’y aurai pris du muscle dans le dos alors que j’ai perdu presque 2.5kg! On pourrait aussi dire qu’après 12 jours de rando on se sent coupé du boulot comme après 1 mois de plage. On pourrait finalement dire que c’est hard de marcher comme cela, que ça fait mal partout, qu’il y a des moments où on a plus envie… mais que les paysages sont tellement fantastiques que ça vaut vraiment le coup.

Voila donc qui clôt ce récit et tire un trait sur nos vacances… de retour au boulot avec plein de trucs qui m’attendaient, une semaine après j’ai l’impression que les vacances sont déjà très loin. Mais nous avons des souvenirs plein la tête (et l’appareil photo – cf ci-dessous)… c’était vraiment une virée que je conseille même si ne pas parler Allemand est vraisemblablement un inconvénient. Prochaine étape le GR20 en Corse ou une “ballade” Nuremberg-Paris en vélo?…

Ca a fait mal 2/3

Thursday, August 28th, 2008

Le voici le voila, il m’a fallu du temps pour écrire tout ça… après les 4 jours de randonnée du coté autrichien, voici le premier récit de nos étapes italiennes!

Mercredi 13 Août : Stein (1535m) – Gliterschartl (2644m) – Dun (1470m) – Pfunders (1134m) – Weitental (880m)

Rétrospectivement, je pense que c’est l’étape qui m’a fait le plus souffrir, même après une journée peu remplie comme celle de la veille.

Tout a commencé sur un petit chemin serpentant dans une forêt luxuriante qui m’aurait plus fait penser à la jungle sud-américaine (ou l’idée que j’en ai tout du moins) qu’à un versant de montagne dans le nord de l’Italie. L’humidité est très présente, on marche fréquemment dans la boue et surtout la végétation semble oppressante, comme souhaitant refermer le sentier. Après 400m de grimpette on sort enfin de la forêt et commence la réelle montée, celle qui monte en zig-zag et atterris dans le paquet de nuages qui nous surplombe. Le ciel est bien gris et l’atmosphère lourde à souhait, on sent que l’orage n’est pas passé loin. Le seul moment palpitant de la matinée aura été de croiser un troupeau d’ovins sagement installés sur le GR sans possibilité de les contourner (cf première photo), on arrive enfin au sommet où on sort les Kways fissa ainsi que bonnets et gants tant le vent souffle glacial.

On attaque la descente et, comme par enchantement, on se retrouve l’espace d’un battement de cil en dehors des nuages, comme si on avait passé un mur trouble… le soleil brille à nouveau. On apprendra plus tard que c’est un effet normal des montagnes du coin, que le mauvais temps y reste accroché du coté autrichien et qu’au sud il y fait beaucoup plus beau qu’au nord… mouais lard ou cochon, l’histoire ne le dit pas! La descente est longue et meurtris les genoux. Les différents terrains se succèdent pour finir sur une route départementale qu’il nous faudra longer pendant 8 bons kilomètres ; après 18km dans la montagne c’est un véritable calvaire! La soirée sera cependant tout autre…

N’ayant pas obtenu de place dans le premier village, on poursuit notre route vers le second (5km plus loin – tout ça de moins à faire le lendemain). La “pension” où on se pose enfin est impeccable malgré son hôte absolument incompréhensible (à laquelle j’ai souris en hochant de la tête pendant au moins 3 minutes en me disant “Mlle V m’expliquera”… et MlleV m’a expliqué… qu’elle a pas vraiment compris non plus) hôte qui, le soir venu, nous a envoyé dans une “Gashof” voisine pour un dîner haut en couleurs.

Quand on s’est installé on a vite compris que ca allait être la surprise (menu du jour dont on ne connait ni la consistance ni le prix) et pour bien nous faire comprendre qu’on est en Italie, arrive fissa un saladier de spaghetti Bolognaise suffisant pour remplir un régiment de Mlle Vs et une bonne paire de “John Kim” affamés. Connaissant les italiens, on y va avec parcimonie et garde de la place pour la suite – non sans un petit moment de questionnement quand la serveuse vient chercher le plat et nous dit dans un Allemand approximatif un truc du genre “ca va? vous n’avez plus faim?”.

Avant qu’on ait le temps de craindre que ce soit fini arrivent coup sur coup des plats tous plus appétissants les uns que les autres : filets de porc, boulettes, pommes de terre sautées, champignons, salade variées… “on s’en met jusque là darladiraladada” comme diraient les bronzés et on termine par salade de fruits et schnaps x3 avant de commencer à se poser quelques questions quand à la “doulourante” (l’addition quoi).

Cette dernière arrive sous la forme de la chef cuisto – femme d’une soixantaine d’années aux allures de Mme Sarfati dans les sketchs d’Elie Kakou – apparemment seule personne de la maison parlant vraiment Allemand. La bouteille de schnaps à la main, elle semble hésiter puis nous dit avec une voix vraiment gênée “heu… je sais pas trop… heu… 10€ ça vous irait?… si c’est trop on peut s’arranger… (en me tendant la bouteille) tenez, servez-vous une nouvelle tournée pendant que je vais chercher de la monnaie”… et elle nous laisse en plan avec la bouteille… haut en couleurs vraiment!

Bref, après une épuisante journée et un repas pantagruélique je vous assure qu’on sombre plus que rapidement dans les bras de Morphée… et le reste n’est que ronflements!

Jeudi 14 Août : Weitental (880m) – Niedervintl (756m) – Ronerhütte (1832m) – Kreuzwiesenhütte (1925m) – Campil (2192m) – Turnaretschhütte (2030m)

Après quelques kilomètres on atteint Niedervintl qui est notre dernière “étape civilisée” en plus d’être le point le plus bas de notre ballade. On y tire de l’argent (tant bien que mal d’ailleurs car n’ayant pas utilisé ma CB française depuis plus d’un an j’ai dû me creuser la tête pour retrouver le code) et on y achète quelques victuailles histoire d’alourdir nos sacs à dos devenus trop légers… ensuite direction la montagne!

Pas de doutes, la montée est aussi raide que les lignes de niveau le prédisaient sur la carte et on se l’enfile en 4h chrono en discutant de choses et d’autre et en regardant les champignons (anémones). Arrivés en haut, le reste de la journée s’annonce calme, le temps est au beau fixe et le panorama est superbe, un peu trop de touristes se balladant pour la journée mais bon… que voulez-vous?

En grande fanatique des livres audio, Mlle V me supplie de lui raconter le livre que je lis en ce moment. Incapable de résister, j’entame le récit d’Ilium et suis presque surpris quand nous atteignons le petit refuge du jour… je n’ai pas vu le temps passer.

C’est le plus petit de tous les refuges que nous verrons. Tenu par une famille Italienne, les chambres s’atteignent en grimpant un escalier traversant un tas de foin. Pas de douche ni de chasse d’eau (un seau d’eau faisant cet office), une grande salle, une cuisine et un balcon disposant d’une vue splendide, voila tout ce que ce chalet comporte. On y est accueillis comme des rois, discute avec le fils de la famille des coutumes locales, du patois (Italien, Allemand et “Ladinish” sont obligatoire dans cette partie du “Sudtirol”) etc et passe une soirée courte mais très sympa.

On y rencontre d’ailleurs également Boris et Manuel, deux randonneurs avec qui nous passeront les soirées suivantes.

Vendredi 15 Août : Turnaretschhütte (2030m) – Lüsnerjoch (2008m) – Würzjoch (2006m) – Peitlerscharte (2357m) – Schlüterhütte (2297m)

A notre réveil, le plafond est très bas et franchement menaçant… on décide malgré tout de tenter l’aventure en se disant qu’au pire on pourra s’arrêter à mi-chemin dans la “Schlüterhütte”.

Après une petite heure de marche me permettant débuter le récit de l’histoire du “Trône de fer”, la pluie commence. D’abord légère et presque agréable, elle devient très vite bien plus lourde et nous force à sortir les capes de pluies. Malheureusement il n’y a pas d’abri à proximité, notre seule possibilité c’est de continuer.

Une petite heure après, quand la pluie s’arrête, nous sommes bien humides mais le vent augmentant à mesure qu’on approche du Peitlerscharte – LE col de la journée – on est presque intégralement secs quand on atteint le sommet.

Après 15 min de pause pour manger un morceau, c’est la grêle qui nous cueille, cette fois-ci accompagnée de gouttes redoutablement grosses. 5 minutes de ce traitement suffisent pour nous tremper jusqu’aux os, nos pieds flottent dans nos chaussures et nos mains souffrent des effets du froid et des grêlons cumulés. C’est presque en courant qu’on parcourt les 3 kilomètres qu’il nous reste pour arriver au refuge où nous passerons l’après midi, la soirée et la nuit.

Samedi 16 Août : Schlüterhütte (2297m) – Bronsoijoch (2421m) – Kreuzjoch (2293) – Roascharte (2616m) – Puezhütte (2475m) – Ciampaijoch (2366) – Crespeinajoch (2528m) – Cirjoch (2469m) – Grödner Joch (2137m)

A notre réveil nous avons l’agréable surprise de constater qu’avec des radiateurs coupés pour la nuit, nos chaussures bourrées de papier journal n’ont pas vraiment séchées. Qu’importe, même si pour le moment le brouillard nous entoure, la météo annonce du beau temps pour l’après midi alors on prend la route!

Les 2 premières heures sont relativement calmes et me permettent de finir de raconter l’histoire du “Trône de fer”, mais une fois arrivée en vue du Roascharte, on retombe dans les cailloux et la grimpette en zig zag reprend. En arrivant en haut, le paysage change soudainement et on se retrouve dans 10cm de neige au moment où on doit emprunter un passage sécurisé pas marrant. C’est probablement le passage où on a fait le moins les fiers de toute la rando. Marcher sur de la pierre recouverte de neige en haut d’un ravin avec pour toute sécurité un cable d’acier auquel on aurait probablement du mal à rester accroché avec nos sacs à dos n’a rien de franchement marrant…

2 heures plus tard on atteint enfin la Puezhütte. Exténués par la marche dans la neige et dans le froid on y fait escale pour le déjeuner en se demandant si on ne va pas y rester pour la nuit. Mais comme la météo l’avait prédit, le nuages disparaissent en l’espace de quelques minutes pour laisser place à un beau soleil… la bonne humeur revient ; on continue!

Le reste de la journée est surtout marquant de part le paysage que l’on traverse ; on se croirait sur la lune… tout est fait de pierre et semble dépeuplé (cf les panoramas ci-dessous).

Après une interminable descente qui fait souffrir nos genoux, on atteint enfin Grödner Joch où nous sommes sensés passer la nuit. Outre une vue splendide sur les Dolomites on y trouve un refuge hyper cher et un hotel qui parait presque donné en comparaison ; on décide de se faire plaisir et s’offre une nuit de grand confort (où le matelas beaucoup trop dur et le chauffage poussé à fond m’empêcheront de dormir une bonne partie de la nuit).

Nous voila aux pieds des Dolomites, étape ultime de notre voyage qui fera l’objet d’une troisième et dernière partie! Une fois encore je vous laisse avec une tripotée de photos à vous mettre sous la dent l’œil!

Ca a fait mal 1/3

Saturday, August 23rd, 2008

Nous revoilà après 12 étapes réalisées en… 12 jours! Pour faire dans les généralités, c’était beau – voir très beau, c’était dur – voir très dur, ça a fait mal – voir très mal, mais qu’est ce que ça valait le coup!

Je pourrais vous assommer avec des photos (un peu plus de 180 après tri et sélection) mais par manque de temps, de place et d’envie je vais faire light de ce coté là.

J’avais par contre emporté mon petit carnet de notes Moleskin et j’ai, chaque soir, consciencieusement noté quelques phrases sur la journée histoire de ne rien oublier. Voici donc la première partie du récit – condensé – de nos exploits de vacanciers en vadrouille!

Samedi 9 Août : Wattens (500m) – Lizumerhütte (2019m)

Levés à 3h30 pour prendre un train pour Innsbruck, vous imaginez qu’au moment de mettre les pieds sur le sentier de la guerre randonnée, on était que moyennement frais. A 10h30 on sort enfin du village de Wattens et attaque la première grimpette de nos vacances, sur un chemin de croix.

Les sacs pèsent, les jambes sont lourdes et on sue à grosses gouttes… le corps tente tant bien que mal de s’adapter mais il galère le pauvre et seule le moral tient bon. Même si la brûme nous cache la vue au dessus de 1000m… on ne se décourage pas.

C’est vers 14h – et avec un soupir de soulagement – qu’on sort enfin des bois où on pataugeais depuis près de 4h pour atteindre les premiers signes des alpages et leurs verts pâturages. Les nuages sont toujours bas, mais le plafond semble avoir grimpé de quelques centaines de mètres. On continue à monter même si les muscles crient à l’unisson que “putain c’était quoi cette idée à la con?”. Pour se donner du courage on regarde les mètres du dénivelé défiler sur ma montre (la classe, hein?) jusqu’à atteindre la barre fatidique des 2000m.

Lorsqu’on arrive enfin sur le plateau où est sensé se trouver le refuge, on en peut plus. La conversation est limitée au minimum syndical et je sens bien que Mlle V. ressent exactement la même chose que moi quand on se rend compte que le toit que l’on apercevais depuis 15min n’est autre qu’un bâtiment militaire et que le refuge est bel et bien 2km plus loin.

On atteint enfin le refuge, une superbe bâtisse toute neuve qui s’avèrera être un des meilleurs rapports qualité-prix de notre séjour (coté authenticité on repassera par contre). Après 1L de thé, un diner pantagruélique et une grosse demi-heure d’attente – pour ne pas aller se coucher trop tôt – il est enfin 20h, on file au pieu, épuisés mais heureux d’être enfin en haut! “Geschafft” (réussi) comme ils disent ici!

Dimanche 10 Août : Lizumerhütte (2019m) – Pluderlingsattel (2743m) – Gschützspitze (2657m) – Tuxer Joch Haus (2330)

Contrairement à la veille, le soleil nous accompagne dès le réveil. Après 15min de grimpette dans l’ombre de la montagne, on se retrouve en plein soleil et dans les cailloux… ça tape.

La montée est plus raide que la veille mais curieusement moins éprouvante. Le rythme est posé car un grand nombre de randonneurs se suivent sur le chemin (weekend + pas loin d’Innsbruck) ; la “colonne” s’étire sur tout le long du sentier grimpant dans un pierrier.

Après 2h30 de montée on arrive enfin au col qui nous dévoile une vue à tomber par terre : un cirque de montagnes magestueux. On y reste un bon quart d’heure mais le vent, fort et froid, nous force à continuer avant de geler sur place. On descend, monte et redescend de 200m pour arriver – vers 14h – au Plunderlingstattel, un autre col d’où on peut voir le refuge où nous comptons faire étape. Sous nos pieds s’étend une descente de 500m en zig-zag puis une remontée “pépère” de l’autre coté… on est pas arrivés.

Encore une une fois, ce qui frappe c’est la quantité de “vert” qui nous accueille. Après une matinée dans les rochers tant de verdure c’est presque surnaturel. Après 1h30 de descente qui fait mal aux genoux, on se retrouve les pieds dans l’eau au bord d’un ruisseau et on y fait la connaissance de deux étudiants avec qui on passera la soirée.

Contrairement à la veille et malgré son “jardin d’hivers” permettant de contempler la vue au chaud, le refuge est bien moins sympa et beaucoup plus cher.

Lundi 11 Août : Tuxer Joch Haus (2330)- Spannagelhaus (2531m) – Friesenbergscharte (2910m) – Friesenberghaus (2498m) – Dominikushütte (1805m)

Debout à l’aube (avant 6h) à cause d’une bande de cons qui ont cru qu’ils étaient tout seuls dans le refuge, on prend la route dès 7h30 en direction du versant opposé. Quelques minutes après le départ, on traverse une banlieue de Marmotte-city vachement mal fréquentée par une bonne 20 aine de marmottes qui vous regardent passer avec l’air de dire “ziva tu veux quoi toi? baisse les yeux, allé!”.

2h de descente puis de montée plus tard on arrive au Spannagelhaus, un refuge sympa comme tout – on se dit au passage qu’on aurait mieux fait de pousser le trajet la veille pour dormir là – qui marque notre premier chocolat chaud de la journée. Le temps est beau mais très frais et la suite de la montée s’annonce rude.

La suite c’est simplement une grimpette de 400m dans un pierrier à faire pleurer le pierrier de la veille. Au lieu de la petite caillasse facile, on doit sauter ici sur de véritables blocs de pierre de – parfois – plusieurs mètres de large. La montée est très éprouvante, et cette difficulté s’ajoutant aux courbatures des premiers jours on en “chie” pas mal. Mais arrivé en haut on oublie vite tant la vue vaut le détour… on surplombe deux vallées avec d’un coté le refuge où on a dormi et de l’autre un lac turquoise au bord duquel on doit dormir le même soir… magique!

Tout comme la montée, la descente est difficile, mais pour d’autres raisons. Pas de pierrier de ce coté-ci, mais en revanche un sentier particulièrement étroit et surplombant un à-pic assez flippant. Le début du chemin est intégralement sécurisé ce qui – quand on a pas le matériel nécessaire – n’a pas le don de rassurer des masses. Mais la descente se passe bien. On y croise une famille qui randonne avec deux labradors, chacun des chiens portant son petit sac à dos :) et le papa portant – non pas une antenne parabolique comme on a pu le croire au début – une tente pour les chiens au cas où ils n’aient pas le droit de dormir dans le refuge!

La descente est longue et pas très intéressante. Le chemin n’est pas facile car fait de grosses pierres. Il nous faut sauter de bloc en bloc ce qui empêche de regarder le paysage et fait mal aux pieds… mais on arrive à bon port à la Dominikushütte comme prévu. Ce refuge est en fait une “Gasthof” où on passera une soirée sympa mais sans plus.

Mardi 12 Août : Dominikushütte (1805m) – Pfitscher Joch (2089m) – Pfitscher Joch Haus (2248m) – Stein (1535m)

A notre réveil, le temps est “pourave”. Gris, pluvieux et avec plein de brouillard… heureusement que cette étape est une de nos plus courtes. On commence par 2h de montée vers le refuge de Pfitscher Joch qui, bien qu’il ait un nom à consonance germanique se trouve en Italie, quelques dizaines de mètres derrière la frontière (en fait il a un autre nom en Italien mais bon hein…). On s’y réchauffe brièvement – avec un chocolat chaud dégueu – avant d’attaquer la descente qui se déroule dans les sous-bois.

Il est 13h quand on atteint Stein – qui n’est pas un refuge mais un petit village – où on avait réservé une chambre dans une “pension” (B&B). On croise d’ailleurs un groupe de 4 étudiants frisant les 18 ans qui, ne trouvant pas d’endroit où dormir s’enverront l’étape du jour plus la suivante… les fous!

Première douche chaude de notre ballade, sieste bien méritée, diner dans un resto où on reçois des Spaghetti Carbonara quand on commande un cordon-bleu (?!), soirée JO à la télé et dodo bien mérité…

Voila qui clôt les 4 premiers jours de notre ballade, le premier sommet à 2900m d’altitude, le passage de la frontière Italienne, les premières courbatures dans les jambes ou dans le dos (sac a dos bien trop lourd avec ses presque 20kg)… sur-ce, je vous laisse avec quelques photos triées sur le volet.

Ca va faire mal!

Saturday, August 9th, 2008

A l’heure de la publication de ce billet, nous seront dans l’avion, parés à passer deux semaines les doigts de pieds en éventail au bord de la mer méditerra… oh et puis non tout compte fait, ne bougez pas je recommence!

A l’heure de la publication de ce billet, nous serons assis (avachis plutôt) dans un train en direction “Wattens” où débute notre randonnée estivale 2008.

De Munich à Venise s’étire une des voies de la Via Alpina dont nous allons marcher 12 étapes (les 3 dernières étapes sortent en fait de la Via Alpina pour emprunter la voie “Friedrich-Auguste” mais bon on va pas chipoter).

Comme la carte ci-contre le présente (cliquez sur la carte pour une version plus précise), ce “GR” va nous conduire de Wattens, en Autriche, jusque dans les Dolomites, en Italie, sur pas loin de 200km.

Nos sacs sont prêts depuis une semaine, après que l’utilité et le poids de chaque élément a été jugé avec autant d’objectivité que possible – mis à part le matériel photo bien entendu. Nos nuits se passeront en refuge, ce qui nous épargne donc le poids d’une tente et d’une partie de la nourriture.

A vrai dire, mon sac ne me semble pas vraiment lourd pour le moment, mais avec 10 à 20km chaque jour et environ 1000m de dénivelée quotidien en montée comme en descente ce ressenti changera certainement très vite!

Avec seulement 13 étapes, notre planning est prévu pour être un brin flexible (mauvais temps par exemple – si tout va bien, nous atteindrons par contre notre but mercredi 20/08 au soir) mais j’ai tellement envie de vadrouiller sur les hauteurs des Dolomites que le moindre glissement serait moralement douloureux.

Il ne me reste donc plus qu’a vous souhaiter à tous un bon mois d’août et je vous retrouve avec, espérons-le, plein de belles choses à vous montrer dès le 23 août (ou 24 suivant mon état de fatigue). Faites des offrandes à Apollon, Wotan, Varuna ou Darty pour que le beau temps soit au rendew vous et bonnes vacances à ceux qui en ont!