Malgré que la moitié de mes trajets quotidiens se fassent maintenant en vélo je continue à lire avec avidité. J’ai récemment fini Ender’s Shadow, une des suites d’Ender’s Game que j’avais beaucoup apprécié.
Ender’s Game raconte l’histoire d’Ender, un enfant arraché à sa famille et envoyé dans une “Battle School” située en orbite de la Terre pour y apprendre le commandement militaire. Ender’s Shadow à ceci de spécial qu’il raconte exactement la même histoire mais depuis un autre point de vue. On suit ici non pas Ender, mais Bean, son principal “lieutenant”.
Si vous n’avez pas lu Ender’s Game et que vous comptez le lire, je vous conseille de passer votre chemin (et de revenir plus tard
) car certains éléments cruciaux pour le suspense sont dévoilés ci-dessous.
J’ai tellement aimé Ender’s Game que je n’aurais pas supporté que cette “suite” soit ratée. Les deux livres parlant de la même histoire, qui plus est dans un univers aussi fermé que la Battle School… j’avais deux grosses interrogations en commençant la lecture:
- Vu la place (plus-que) centrale qu’occupe Ender dans l’histoire, comment donner un véritable intérêt à l’histoire de Bean?
- Une grosse partie de l’histoire étant basée sur le coup de théâtre final, comment faire pour que l’histoire conserve un brin de suspense alors que l’on connait déjà la fin?
Finalement ces deux points ont été résolu de manière brillante par l’auteur, Orson Scott Card, dans sa création même du personnage de Bean.
Il fait de Bean un garçon à l’intelligence telle que ce dernier soit capable de comprendre immédiatement les situations dans lesquelles il est placé. A peine dans la Battle School, Bean saisit donc qu’il y a un truc louche et que le seul moyen de battre les “Buggers” est en fait de porter la guerre chez eux. Et même s’il n’a aucun moyen d’en être certain et qu’il se méprend sur le rôle de la Battle School, il saisit tout de suite que l’armada humaine doit être en route pour le monde des Buggers en ce moment même.
En créant Bean ainsi, O.S.C. résout en fait les deux problèmes simultanément. Comme Bean a une idée de la fin du film dès le début, ça ne dérange pas l’auteur que le lecteur sache également à l’avance comment cela va se terminer. Et si la finalité n’est plus le problème, c’est donc que tout l’intérêt du livre repose sur le chemin permettant d’y arriver. Bingo, O.S.C. construit Bean de manière tellement complexe, avec une personnalité tellement étriquée, que chaque nouvelle situation est un véritable défit interieur digne d’intérêt.
De plus, l’histoire porte vraiment bien son nom. Ender’s Shadow lève le voile sur le travail que Bean a en fait réalisé dans l’ombre du “Commander” et dont on entend jamais parler dans le premier opus. Car voila bien tout l’intérêt du livre, si Ender est le personnage principal de toute l’histoire, Bean hérite d’un rôle aussi grand mais plus complexe en tant qu’homme de l’ombre.
Ce livre est simplement excellent. Ender’s Game était fabuleux depart sa construction et sa résolution, Ender’s Shadow est excellent depart l’évolution de son personnage principal. Si vous avez aimé Ender’s Game vous ne serez pas décu avec cette suite! Et si vous ne l’avez pas lu… il est encore temps de le faire
