Hier j’ai fait un truc dingue, un truc qui fait se dire après coup “c’était quand même bien con comme idée“, mais on en rit et on a presque envie de recommencer. En fait, c’est pas l’envie qui manque, c’est la tronche que tire mon porte-monnaie qui me refroidis… mais ça revient au même vous avez raison.
Hier j’ai mis les pieds dans un avion, pour un aller simple au dessus des 4000m d’altitude. Hier, un peu après que l’altimètre ait dépassé les 4350 m, on a ouvert la porte, passé un pied dehors puis basculé vers l’arrière ; dans le vide ; pour rigoler. Hier j’ai fait une cinquantaine de secondes de chute libre en hurlant pendant une partie du voyage, avant que s’ouvre le parachute du bonhomme à qui j’étais accroché… hier j’ai pris un pied monstre… et si ce n’étais pour mon porte-monnaie je serais reparti illico dans les airs!
Si on remonte à la source de cette idée saugrenue, on trouve Mlle V. ou plutôt ses (ex)collègues. Au moment de quitter son boulot pour reprendre les études, ces derniers lui ont offert une bonne partie du saut sous forme de “bon pour”… cadeau à moitié empoisonné car… on ne laisse pas une jolie jeune fille s’envoyer en l’air comme ça toute seule hein? ;] Björn est également venu sauter, Katrin nous a accompagné en restant au sol, c’était hier matin.
Départ aux aurores, arrivée à 9h là bas. Après un court cours en vidéo on a à peu près compris les rudiments du machin. On s’équipe (vous avez le droit de rigoler), on revois les mouvements, discute avec nos accompagnateurs qui en rajoutent des caisses pour nous fouttre les boules – imaginez le mec qui cherche son parachute aux 4 coins de la pièce en disant tout haut “où est mon putain d’équipement de survie” pendant que les 2 autres accompagnateurs se marrent en voyant nos têtes.


De retour de son premier passage, l’avion atterris, fais demi tour et nous enfourne avant de redécoller illico direction tout là-haut. Nous sommes 9 dans l’avion. Un saute seul, un autre est dans ses 7 vols préliminaires nécessaires pour passer le brevet de vol solo et est donc encore accompagné. Dans l’avion, les accompagnateurs continuent leur manège. Tout en se préparant, ils pointent du doigt ce qu’il y a a voir ; comme le temps est très dégagé on peut voir à près de 150km, jusqu’aux Alpes…
Ma montre m’indique 4500m (seulement 200m de différence avec l’altimètre de l’appareil… pour un outil de rando étalonné à 350m i.e. Nuremberg je suis épaté) quand le pilote se retourne et nous indique qu’on est stable à 4350m, go go go! Le trio de semi-pros se lance dans le vide, suivi par Mlle V. et c’est à mon tour.
Un pied sur le marchepied exterieur, un genou dans l’abitacle. L’accompagnateur me fait signe, je rentre les bras et commence à me dire “là mon pote c’est parti, t’as plus le choi…” on bascule, on est parti, le mec ne m’a pas laissé le temps d’avoir le moindre doute, on tombe!
Mazette cette sensation… pendant quelques secondes le corps ne calcule pas bien ce qui se passe, puis il se dit “oh on a plein de vent dans la tronche, ca je connais”, il cesse alors de vous envoyer des signaux étrange et vous laisse admirer le paysage. Chaque mouvement d’un bras ou même de la tête déséquilibre le tandem, je sens mon accompagnateur contrecarer mes mouvements à chaque instant. Du bout du doigt il pointe quelques endroit dont on parlait pendant la montée: Nuremberg, là où on va atterrir, un lac… mais ma concentration est ailleurs.
Le sol, un véritable damier vert et jaune, ne semble pas vraiment se rapprocher. C’est d’ailleurs l’élément le plus étrange de toute cette histoire. Passé le saut, le moment où le corps panique un poil, rien ne donne vraiment l’impression d’être entrain de tomber. On sent bien les 200km/h de vent dans la tronche, ah ca oui, mais pas d’impression de chute. Au registre des déceptions il y a également le saut qui – étant accroché collé-collé à l’accompagnateur – ne m’a pas demandé d’effort moral, de combat contre moi même pour sauter… dommage.
À 1500 m d’altitude, je sens deux tappes sur mon épaule, je rentre les bras et durcis le cou en attendant le choc. Le parachute s’ouvre d’une manière presque agréable (rien en comparaison au choc ressenti en saut à l’élastique par exemple) et tout d’un coup la chute semble s’arrêter. On s’installe un peu plus confortablement et je prend même les rennes pour faire quelques virages dans les airs. Ce qui dure quelques minutes me semble passer plus vite qu’un “saperlipopette” et le sol arrive finalement bien vite.


À 10h30 on touche le sol à nouveau, ca fait 10 grosses minutes que l’on a décollé et l’avion atterris à l’instant même. Mon dieu ce kick, cette sensation… tellement ébouriffant. On s’étreint, paye son “freefall five” aux accompagnateurs qui ont l’air d’être toujours aussi ravis de voir les sourires de leurs passagers et on commente et commente et commente.
Quelques heures plus tard nous sommes allongés au bord de l’eau, sur une des plages du Rothsee à déguster notre adrenaline avant de s’endormir, tout d’un coup, au soleil (et cuire ouille ouille). Sur le chemin du retour on y croit pas, on l’a fait… ca fait plusieurs semaines que je m’y préparais (je vous en parlerais bientôt) et voila, c’est fini. Mazette… quelle expérience.
Il ne faut pas se le cacher, c’est hors de prix… mais mince le kick que ca vous met… c’est vraiment quelque chose… à essayer si vous en avez l’occasion, ABSOLUMENT!

Ps: Je vous laisse avec quelques photos prises par Katrin et moi même, d’ailleurs merci la photographe!