Jul 28

Il semble que je sois dans une période Vernor Vinge. Après A fire upon the deep et A deepness in the sky, je viens de lire Rainbow’s End, le plus récent des livres de Vernor Vinge et lauréat du prix Hugo 2007, alors que Marooned in Realtime (1986) trône déjà sur mes étagères dans la catégorie “soon to be devoured”.

Soyons francs, Rainbow’s End commence plus fort qu’un Tom Clancy mais ne m’aura, en définitive, que moyennement plu!

En un tout petit chapitre ayant trait à la sécurité nationale, Vernor Vinge nous envoie sur les sphères géniales du complot mondial. Alors que Bombes atomique semblent être légion et découvertes de virus meurtriers quotidiennes, Vernor Vinge nous présente un nouveau type de menace aussi redoutable que géniale.

Un “pitch” multicouches

Pendant le match du Superbowl (?!) passe une publicité apparemment anodine pour des gâteaux. Un pic record de consommation est alors observé, pic si impressionnant qu’il attire l’attention des agences de sécurité. Plusieurs contres-études sont faites et il s’avère que cette publicité n’a vraiment rien de spécial. Rien, si ce n’est qu’en recoupant les listes d’acheteurs avec une certaine liste de malades atteints par un virus récent (3M de malades), on obtient une corrélation record. Quelqu’un dans le monde a développé une technologie permettant de “contrôler” les réactions d’autres êtres humains via un Virus activé à la demande.

Avouez que ça en jette comme accroche hein?! Tenez vous bien, le livre ne parle (presque) pas de cela!

Le personnage principal s’appelle Robert Gu, un poète de renom vieux de 75 et miraculé de la médecine moderne. Après avoir vécu 20 ans rongé par la maladie d’Alzheimer, il vient de recouvrer toutes ses facultés mentales ainsi qu’un corps à peine sorti de l’adolescence. Seulement voila, en ultra-technophobe qu’il est, se réveiller dans un monde où il faut apprendre à “porter” des vêtements bardés de capteurs, où l’on “texte” par la pensée (ou presque) et où l’on modifie la réalité à tout bout de champ (via des lentilles de contact), n’est pas forcément le paradis promis ; d’autant plus quand il se rend compte que la seule chose qu’il n’a pas retrouvé c’est son talent inné pour arranger les mots - et ça il kiffe pas dutout Robert.

Huh?

Vous vous demandez comment la première partie de l’histoire peut bien rejoindre un jour la seconde, non? En fait, Gu va vite se retrouver pris dans l’engrenage de la machination sus-décrite, en tant que simple pion porté par un irrésistible désir de recouvrir son art.

Grâce à l’avalanche technologique qu’on prend dans la tronche (c’est clairement le point fort du livre), on assiste à des “identity theft” (comment ça se dit en français bon-sang?! impersonalificalisajesaisplusquoi…rhooo) en pagaille et des jeux d’agents doubles voir triples qui, s’ils feront presque jouir l’imagination technophile d’un esprit comme le mien, produisent au niveau de l’histoire une déperdition de latin notoire.

Combien de fois me suis-je dit: “attends mais c’est qui lui? Hum… ah ouais je me souviens maintenant, il était à la réunion avec untel et untel où ils voulaient faire ci et ça… et la il fait pas dutout ça… mais il n’est pas du coté des gentils? et il ne fait pas le jeu du méchant numéro1 et du méchant numéro2 non plus… hou-pinaize…>_<”

C’est… c’est… c’est du Vinge!

Je crois que c’est en fait le meilleur compliment qu’on puisse faire à ce livre. Comme dans les précédents ouvrages, Vernor Vinge balance des infos à tout va, charge au lecteur de se faire une idée de ce qu’il à en tête et de suivre le cheminement de sa pensée - c’est un genre qui ne plaît pas à tout le monde.

Le problème que j’ai eu avec cet ouvrage se situe certainement dans la complexité de l’histoire. Là où dans les précédents livres, l’histoire était plutôt simple et l’environnement réellement complexe, on assiste ici à l’inverse ce qui est 1) déroutant 2) un brin repoussant. Certes le coté technologique fait rêver, mais l’histoire ne porte pas assez le lecteur… un réel mauvais point pour moi.

Le temps du bilan

En fait, si j’en crois mes impressions viscérales, la machination mondiale est là, bien camouflée derrière une histoire possédant tant de couches qu’elle apparaît presque banale. Si vous vous prenez d’envie de me demander si cette dernière vaut le coup, la réponse sera franche et nette, non!

En revanche c’est au niveau de la science-fiction pure que Vernor Vinge marque un véritable point. Les idées de futur technologique qu’il développe sont aussi géniales que proches de nous (contrairement à ses précédents livres) et aussi attrayantes que simples et pourtant modifiant le monde en profondeur.

On parle de révolution technologique avec l’avènement des communications, “raz de marée dans les relations humaines” n’est pas encore assez fort pour qualifier le futur que nous présente cette histoire… et le pire c’est que même si ca ne se fera probablement pas de mon vivant, ça parait suffisamment proche pour espérer voir des trucs s’en approchant quand même!

En bref, un bouquin pour technophiles en manque d’imagination, les autres passez votre chemin!

Jul 25

Presque un mois sans vous parler de livres, vous devez vous demander si je vis encore! La réponse est oui, mais sous une petite montagne de boulot donc je n’ai pas pris le temps de vous écrire une bafouille au sujet de Rainbow’s End de Vernor Vinge (et ca ne sera pas non plus pour tout de suite).

Si je ne vous en parle toujours pas, ça ne signifie pas non plus que je ne lis pas. Après Rainbow’s End, j’ai attaqué Ilium de Dan Simmons et c’est la raison de ce petit billet.

Je viens de réaliser qu’en Allemand comme en Anglais, Ulysse (celui qui cherche son chemin - et sa femme - aux quatre coins de la méditerranée) se prénomme “Odysseus”, nom issu tout droit du Grec, d’où nous avons tiré le terme “odyssée” (ou vice-versa d’ailleurs).

J’ai beau chercher je ne trouve pas pourquoi la langue française est la seule (une des seules?) à avoir changé le nom du personnage principal du poème Homérique… des idées?

Jul 21

Tout le weekend durant, j’ai vécu dans l’attente de ce rapport de build (l’image est floutée pour des raisons évidentes de respect des infos professionnelles - tout ce qui est rouge n’est pas bon signe…).

En rentrant dans le bureau ce matin, j’avais déjà ôté mes écouteurs et rangé mon iPod, j’étais prêt à affronter les collègues!

Avant de parler de ce matin, il faut parler de ce weekend. Mlle V. n’étant pas là (partie en rando), j’avais donc le loisir de bâtir le programme de mon choix, histoire de ne pas trop compter les secondes:

  • Vendredi soir et samedi toute la journée étaient dédiés à une session de jeu non stop pour faire enfin passer à mon chasseur le cap du lvl 60 (oui, WotLK approche et il était encore lvl 51…). Mission accomplie, check!
  • Samedi soir était prévu une sortie avec les français rencontrés récemment à Nuremberg. Dîner dans un sushi-bar histoire d’éponger les litres d’alcool ingurgités par la suite. La soirée s’est terminée dans une boite de nuit super-select-prout-prout où il a fallu batailler ferme pour entrer. De retour à l’appart’ à 6h du mat’, j’ai émergé (pas franchement frais) vers 14h dimanche… encore 20h de bien occupées, check!
  • Quelques heures de zonage plus tard, direction le fitness studio histoire de faire du sport malgré le temps pourri. De retour en fin d’après-midi il ne me restait plus qu’à ranger l’appart’ (c’est dingue à quel point ça peut se déranger vite ce genre de petite bêtes) avant le retour de MlleV, épuisée mais bronzée, check!

Entre temps, j’ai pu faire quelques photos de coucher de soleil (sur fond de ciel orageux), suivre Greg sur Twitter (il s’est acheté un iPhone3G donc il a intérêt à l’utiliser pour Twitter en permanence) et m’y mettre également (cf l’encart ici en haut à droite), commencer le livre Ilium, écouter 5 épisodes des podcasts de 1Up.com, regarder les 3 actes du DrHorrible’s Sing-Along-Blog (que je recommande très fort vivement en applaudissant des deux mains) et enfin réfléchir à des choses et d’autres (@Ghusse)… voila un weekend bien rempli.

Trêves de plaisanteries, en arrivant ce matin, pas de regard noir, pas de note sur mon bureau type “viens me voir dès que tu arrives t’as tout pété, signé DrHorrible”… j’ai donc tranquillement allumé mon ordi, ouvert le rapport de build de ce matin et découvert que le build en question est totalement inutilisable (là mon sang n’a fait qu’un tour)…

Après une demi heure d’épluchage de logs et de tests, je peux affirmer qu’aucun bug n’est dû à mes modifications… pourvu que çà dure!

Jul 03

En prévision des huit heures de route pour aller à Metz et en revenir, j’ai dégotté la version audio du nouveau roman de Neil Gaiman (auteur du livre “American Gods” dont je vous parlais le mois dernier) intitulé Anansi Boys.

J’ai découvert les livres audio en arrivant en Allemagne vu que Mlle V. en est fan et écoute des histoires diverses et variées dès qu’elle en a l’occasion. Elle y est tellement habituée qu’elle utilise même cela comme fond sonore qui la berce presque alors que cela a l’effet contraire sur moi ; je ne peux pas me concentrer sur autre chose et dès qu’une voix me raconte une histoire, je suis obligé d’écouter attentivement. Alors pour que les deux fois quatre heures passent plus vite et que je reste bien éveillé, j’ai été chercher un audiobook d’un livre susceptible de me plaire. Dans la section “Anglaise” il n’y avait pas beaucoup de choix, j’ai pris Anansi Boys… et je ne le regrette absolument pas.

Dans la veine de American Gods, Anansi Boys jongle avec le surnaturel des “dieux sont parmi nous“.

“Fat Charlie” vis une vie ordinaire, tout du moins le pense t-il. Fâché avec son père qu’il pense être un connard fini, il a fui la Floride dès qu’il à pu pour l’Angleterre où, après quelques années, il s’apprête à épouser Rosie. Vie professionnelle rangée, vie familiale “normale”… rien de bien passionnant semble lui arriver.

En cherchant l’adresse de son père pour l’inviter à la noce - sur l’insistance de sa fiancée soit dit en passant - il apprend que ce dernier vient de décéder et il s’envole donc pour la Floride pour les funérailles. Forcé à faire face à son passé, il découvre deux choses importantes qui vont changer sa vie. Il découvre la véritable nature de son père, qui n’est autre que le dieux “araignée” Anansi tout droit issu du folklore de l’Afrique profonde, et il découvre qu’il a un frère, tous deux sont les Anansi Boys.

Si l’histoire n’est pas un miracle d’ingéniosité scénaristique, la narration laisse absolument coi. Mêlant les genres “contes folkloriques” et histoires romancées, on a vraiment l’impression d’être assis au coin du feu et d’écouter qqun nous raconter une vieille histoire transmise de père en fils. Bien que l’histoire soit enracinée dans le présent avec des personnages Américains ou Anglais prenant l’avion ou allant dans des clubs comme vous et moi, je me suis plu à imaginer l’histoire racontée avec des guerriers Massai comme personnages principaux et l’effet aurait été exactement le même… Encore une fois, Neil Gaiman réussi un tour de passe passe génial en intégrant les dieux à notre vie de tous les jours.

Voila un petit livre (~400 pages je pense) très rafraîchissant à lire que je vous conseille bien évidemment! Pour ma part, j’attaque Rainbows End de Vernor Vinge.

Jun 23

Souvenez-vous, en Mars dernier je vous parlais d’un livre que mon père m’avait offert et portant le titre de l’évolution des idées en physique. Non content de son coup, voila t’y pas que mon “Savant Cosinus” de paternel (nom déposé) a profité de mes 25 balais pour me glisser cette fois-ci non pas un mais deux opus du même type… et je l’en remercie mille fois! Après mes lectures photo, voila donc que je viens de lire les grandes expériences scientifiques de Michel Rival.

Contrairement à celui d’Einstein et Infeld qui suivait le processus chronologique de la pensée, ce livre est assez décousu et s’attache plus à montrer comment les grands sauts conceptuels et les grandes découvertes se sont fait au travers des expériences imaginées par les scientifiques, que d’expliquer comment nous sommes arrivés à la science actuelle.

Comme le dit le résumé au dos du livre, “l’auteur nous emmène sur les petits chemins de la découverte et nous montre que la science, avant de se penser, se fait avec les mains”.

Un poil moins facile d’accès que le livre d’Einstein et Infeld, les thèmes abordés sont également plus variés. On y assiste à la détermination de la masse de la Terre, l’élasticité de l’air, la nature ondulatoire de la lumière, la mesure de la vitesse du son, les mesures de chaleur, l’estimation de la distance des étoiles, la découverte de l’oxygène, la détermination de la rotation de la Terre (et du système solaire), la découverte de l’analyse des constituants des étoiles (via les spectres lumineux), la génération spontanée des microbes, la table de Mendeleiev, les constituants de l’atome, les isotopes et la radioactivité, l’hérédité, la danse des abeilles, les réactions (nucléaires) en chaîne…

Pour chaque expérience, l’auteur nous dévoile comment est née l’idée même de l’expérience, les ratées, les conditions de test et les interprétations et contre-expertises. On voit également que certaines expériences totalement artisanales aboutissent a des valeurs expérimentales ne différant pas plus d’1% des valeurs “modernes”.

Ce petit livre est vraiment une mine d’or pour tout esprit un tant soit peu scientifique curieux et est absolument parfait à lire en parallèle ou juste après “l’évolution des idées en physique”. J’ai commencé ce matin le second livre intitulé Physique quantique et représentation du monde d’un certain Erwin Schrödinger (celui là même qui prend un malin plaisir à maltraiter des chats par la pensée…), je vous en parle dès que je l’ai avalé…

En tout cas, si jamais j’enseigne un jour (dans les sciences bien entendu), vous pouvez être certain qu’une partie non négligeable de mes cours aura ce caractère “histoire des science” qui est si passionnant!