Nous revoilà après 12 étapes réalisées en… 12 jours! Pour faire dans les généralités, c’était beau - voir très beau, c’était dur - voir très dur, ça a fait mal - voir très mal, mais qu’est ce que ça valait le coup!
Je pourrais vous assommer avec des photos (un peu plus de 180 après tri et sélection) mais par manque de temps, de place et d’envie je vais faire light de ce coté là.
J’avais par contre emporté mon petit carnet de notes Moleskin et j’ai, chaque soir, consciencieusement noté quelques phrases sur la journée histoire de ne rien oublier. Voici donc la première partie du récit - condensé - de nos exploits de vacanciers en vadrouille!
Samedi 9 Août : Wattens (500m) - Lizumerhütte (2019m)
Levés à 3h30 pour prendre un train pour Innsbruck, vous imaginez qu’au moment de mettre les pieds sur le sentier de la guerre randonnée, on était que moyennement frais. A 10h30 on sort enfin du village de Wattens et attaque la première grimpette de nos vacances, sur un chemin de croix.
Les sacs pèsent, les jambes sont lourdes et on sue à grosses gouttes… le corps tente tant bien que mal de s’adapter mais il galère le pauvre et seule le moral tient bon. Même si la brûme nous cache la vue au dessus de 1000m… on ne se décourage pas.
C’est vers 14h - et avec un soupir de soulagement - qu’on sort enfin des bois où on pataugeais depuis près de 4h pour atteindre les premiers signes des alpages et leurs verts pâturages. Les nuages sont toujours bas, mais le plafond semble avoir grimpé de quelques centaines de mètres. On continue à monter même si les muscles crient à l’unisson que “putain c’était quoi cette idée à la con?”. Pour se donner du courage on regarde les mètres du dénivelé défiler sur ma montre (la classe, hein?) jusqu’à atteindre la barre fatidique des 2000m.
Lorsqu’on arrive enfin sur le plateau où est sensé se trouver le refuge, on en peut plus. La conversation est limitée au minimum syndical et je sens bien que Mlle V. ressent exactement la même chose que moi quand on se rend compte que le toit que l’on apercevais depuis 15min n’est autre qu’un bâtiment militaire et que le refuge est bel et bien 2km plus loin.
On atteint enfin le refuge, une superbe bâtisse toute neuve qui s’avèrera être un des meilleurs rapports qualité-prix de notre séjour (coté authenticité on repassera par contre). Après 1L de thé, un diner pantagruélique et une grosse demi-heure d’attente - pour ne pas aller se coucher trop tôt - il est enfin 20h, on file au pieu, épuisés mais heureux d’être enfin en haut! “Geschafft” (réussi) comme ils disent ici!
Dimanche 10 Août : Lizumerhütte (2019m) - Pluderlingsattel (2743m) - Gschützspitze (2657m) - Tuxer Joch Haus (2330)
Contrairement à la veille, le soleil nous accompagne dès le réveil. Après 15min de grimpette dans l’ombre de la montagne, on se retrouve en plein soleil et dans les cailloux… ça tape.
La montée est plus raide que la veille mais curieusement moins éprouvante. Le rythme est posé car un grand nombre de randonneurs se suivent sur le chemin (weekend + pas loin d’Innsbruck) ; la “colonne” s’étire sur tout le long du sentier grimpant dans un pierrier.
Après 2h30 de montée on arrive enfin au col qui nous dévoile une vue à tomber par terre : un cirque de montagnes magestueux. On y reste un bon quart d’heure mais le vent, fort et froid, nous force à continuer avant de geler sur place. On descend, monte et redescend de 200m pour arriver - vers 14h - au Plunderlingstattel, un autre col d’où on peut voir le refuge où nous comptons faire étape. Sous nos pieds s’étend une descente de 500m en zig-zag puis une remontée “pépère” de l’autre coté… on est pas arrivés.
Encore une une fois, ce qui frappe c’est la quantité de “vert” qui nous accueille. Après une matinée dans les rochers tant de verdure c’est presque surnaturel. Après 1h30 de descente qui fait mal aux genoux, on se retrouve les pieds dans l’eau au bord d’un ruisseau et on y fait la connaissance de deux étudiants avec qui on passera la soirée.
Contrairement à la veille et malgré son “jardin d’hivers” permettant de contempler la vue au chaud, le refuge est bien moins sympa et beaucoup plus cher.
Lundi 11 Août : Tuxer Joch Haus (2330)- Spannagelhaus (2531m) - Friesenbergscharte (2910m) - Friesenberghaus (2498m) - Dominikushütte (1805m)
Debout à l’aube (avant 6h) à cause d’une bande de cons qui ont cru qu’ils étaient tout seuls dans le refuge, on prend la route dès 7h30 en direction du versant opposé. Quelques minutes après le départ, on traverse une banlieue de Marmotte-city vachement mal fréquentée par une bonne 20 aine de marmottes qui vous regardent passer avec l’air de dire “ziva tu veux quoi toi? baisse les yeux, allé!”.
2h de descente puis de montée plus tard on arrive au Spannagelhaus, un refuge sympa comme tout - on se dit au passage qu’on aurait mieux fait de pousser le trajet la veille pour dormir là - qui marque notre premier chocolat chaud de la journée. Le temps est beau mais très frais et la suite de la montée s’annonce rude.
La suite c’est simplement une grimpette de 400m dans un pierrier à faire pleurer le pierrier de la veille. Au lieu de la petite caillasse facile, on doit sauter ici sur de véritables blocs de pierre de - parfois - plusieurs mètres de large. La montée est très éprouvante, et cette difficulté s’ajoutant aux courbatures des premiers jours on en “chie” pas mal. Mais arrivé en haut on oublie vite tant la vue vaut le détour… on surplombe deux vallées avec d’un coté le refuge où on a dormi et de l’autre un lac turquoise au bord duquel on doit dormir le même soir… magique!
Tout comme la montée, la descente est difficile, mais pour d’autres raisons. Pas de pierrier de ce coté-ci, mais en revanche un sentier particulièrement étroit et surplombant un à-pic assez flippant. Le début du chemin est intégralement sécurisé ce qui - quand on a pas le matériel nécessaire - n’a pas le don de rassurer des masses. Mais la descente se passe bien. On y croise une famille qui randonne avec deux labradors, chacun des chiens portant son petit sac à dos
et le papa portant - non pas une antenne parabolique comme on a pu le croire au début - une tente pour les chiens au cas où ils n’aient pas le droit de dormir dans le refuge!
La descente est longue et pas très intéressante. Le chemin n’est pas facile car fait de grosses pierres. Il nous faut sauter de bloc en bloc ce qui empêche de regarder le paysage et fait mal aux pieds… mais on arrive à bon port à la Dominikushütte comme prévu. Ce refuge est en fait une “Gasthof” où on passera une soirée sympa mais sans plus.
Mardi 12 Août : Dominikushütte (1805m) - Pfitscher Joch (2089m) - Pfitscher Joch Haus (2248m) - Stein (1535m)
A notre réveil, le temps est “pourave”. Gris, pluvieux et avec plein de brouillard… heureusement que cette étape est une de nos plus courtes. On commence par 2h de montée vers le refuge de Pfitscher Joch qui, bien qu’il ait un nom à consonance germanique se trouve en Italie, quelques dizaines de mètres derrière la frontière (en fait il a un autre nom en Italien mais bon hein…). On s’y réchauffe brièvement - avec un chocolat chaud dégueu - avant d’attaquer la descente qui se déroule dans les sous-bois.
Il est 13h quand on atteint Stein - qui n’est pas un refuge mais un petit village - où on avait réservé une chambre dans une “pension” (B&B). On croise d’ailleurs un groupe de 4 étudiants frisant les 18 ans qui, ne trouvant pas d’endroit où dormir s’enverront l’étape du jour plus la suivante… les fous!
Première douche chaude de notre ballade, sieste bien méritée, diner dans un resto où on reçois des Spaghetti Carbonara quand on commande un cordon-bleu (?!), soirée JO à la télé et dodo bien mérité…
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Voila qui clôt les 4 premiers jours de notre ballade, le premier sommet à 2900m d’altitude, le passage de la frontière Italienne, les premières courbatures dans les jambes ou dans le dos (sac a dos bien trop lourd avec ses presque 20kg)… sur-ce, je vous laisse avec quelques photos triées sur le volet.
- Vue depuis le refuge LizumerHütte, la grimpette du deuxième jour c'est tout droit!
- Au milieu à gauche se trouve la Lizumerhütte
- Quand je vous dit qu'il y a foule!
- Vue impressionnante, qui n'est bien rendu en photo qu'avec un filtre UV + Polarisant
- Une bien belle cascade débouchant dans Marmotte-city
- "Vas y baisse les yeux!"
- Que de verdure... après les pierres, ca change
- Vue depuis le jardin d'hivers de la Tuxer Joch Haus
- Tuxer Joch Haus
- Indiana Mlle V.
- Wah!
- Un petit filé à main levée :P
- On atteint enfin la Dominikushütte
- Champ d'opium sur la frontière italienne?
- Banzai!






































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