Aug 04

Non vous ne rêvez pas, il y a bien un problème avec le titre de ce billet. Je m’étais fixé une limite de 45 caractères pour ce titre ; hors comme “The Rock avec Nicolas Cage, Sean Connery et Ed Harris (et Dr. Cox)” en fait 66 il a fallu couper quelque part. Il en va de même pour l’image ci-contre, il fallait rentrer dans les 40Kb alors j’ai enlevé quelques morceaux, j’espère que ça ne vous dérange pas trop…

Avec une intro pareille, vous devez vous demander où je veux bien en venir. Je veux parler de TV, de films, d’économie de bouts de chandelle, de limite d’age, de politiquement correct et surtout de coup de gueule ; le tout en rapport avec le film “The Rock” passé hier soir à la TV.

L’évangile selon Pro7 (ndla chaîne de TV Allemande)

Pendant le film, plusieurs questions que Mlle V. m’a posé m’ont mis la puce à l’oreille (C’est qui lui? Il est advenu quoi de untel?…). Tout bien réfléchi, j’avais un souvenir béat du film “The Rock”, et pas l’once d’un reproche à faire en terme d’incohérences, de passages flous et de jonctions étranges et d’absence de sang!

Selon mes souvenirs vieux de 12 ans, vers la fin du film, Nicolas Cage se retrouve en contact direct avec un gaz toxique très vilain mais survit tout de même grâce à l’injection d’un antidote dans les 20 secondes qui suivent. Il se relève alors et, après une course digne d’un sprinter en pyjama, tombe à genoux les bras en croix avec une fusée verte dans chaque main… il a sauvé la planète du monde entier de l’univers de San Francisco, hip hip hip hourra!

Si la dernière scène avec les loupiotes était bien présente, c’est l’absence de cette scène où Nicolas Cage éclate une petite bille contenant du gaz toxique dans la bouche d’un “méchant” et est alors obligé de se piquer avec une seringue à l’aiguille incroyablement longue, qui m’a fait prendre conscience du problème: des plans ont été simplement supprimés.

Attention chérie ca va couper” * (* la Cité de la Peur)

En cherchant sur internet ce matin, je suis tombé sur un site intitulé Schnittbericht - “compte-rendu de découpage” - dont le contenu m’a fait sauter au plafond. Sur la page correspondant au film “The Rock”, j’ai ainsi appris que la version passée par Pro7 a été allégée de 50 scènes, soit au total pas moins de 11 minutes, pour permettre au film de passer d’une interdiction -18 à une interdiction -12 ans. La Scène du gaz toxique a bien été enlevée mais également toutes les scènes un peu trop sanglantes ou certaines répliques un brin osées…

Outré, j’en ai parlé avec mes collègues qui m’ont répondu que c’est normal, et que si je veux voir les versions orginales je dois m’abonner à “Premiere” ou regarder les DVD (en prenant soin de choisir la bonne version).

Je n’arrive pas à comprendre comment les Allemands - d’ordinaires assez conservateurs - supportent que l’on dénature pareillement des œuvres artistiques. C’est comme si on collait un smiley au milieu du tableau “l’origine du monde” de Gustave Courbet pour pouvoir le présenter à des primaires…

La fin de l’innocence

Pour rire jaune j’ai continué mes recherches sur le site internet sus-cité et j’ai découvert que Kill Bill a été allégé de 2min pour avoir le droit de passer en -18 avant 23h, que Gladiator a également perdu 2min pour être seulement interdit aux -12 ans, que Basic Instinct a perdu 10 minutes de sesque pour être classé -12. “American History X”, “Saving Private Ryan” ou autres films à tendance légèrement violente ne seront jamais coupés car simplement impossible à passer. De plus j’ai appris que - c’est beaucoup moins fréquent - certains films sont coupés dès leur passage dans les salles…

Le fait que les cinéma de Nuremberg ne passent aucune VO m’avaient laissé simplement désabusé, voila que je suis maintenant hors de moi. Dans le monde - apparemment utopique - où je vis, si un film est interdit aux moins de 18 ans, c’est pas de bol pour lui mais il ne passera jamais à la télé à une heure de grande écoute, point!

En Allemagne ils ont apparemment une autre vision du monde… vision que je trouve tout d’un coup très “Américaine” où la tendance est au “tout le monde doit pouvoir tout voir”, alors on nivelle par le bas!

Dites-moi que ça n’est pas ainsi en France… ayez-pitié de mon innocence et cette croyance que j’ai que l’on vit encore dans un monde où les gens sont pris pour des adultes responsables et pas pour des gamins incapables de tout jugement, un monde où les parents son capables de dire non à leurs bambins et surveiller ce qu’ils regardent/font et où on est pas obligé de faire ce travail en préventif à leur place…

Jul 31

Quand on parle de créneaux - ceux des voitures pas des châteaux forts - avec des Allemands et qu’on leur avoue qu’il nous arrive de temps en temps “d’embrasser” les voitures garées devant et derrière nous - et que tout bien réfléchi on s’en fout - ils nous regardent avec des yeux ronds avant de caresser mentalement le manche du couteau de cuisine virtuel qu’ils planteraient sans hésiter dans votre dos si jamais vous osiez approcher votre voiture à moins d’un mètre de la leur… ouais la voiture c’est sacré ici alors pas touche!

Vous auriez vu la tête de Mlle V. quand mon père a un jour décidé de se garer dans une place à peine plus grande que la voiture - ici à Nuremberg - et qu’il est bien évidemment allé “frôler” les voitures déjà garées. Elle est devenue blême, s’est mise à regarder à droite et à gauche d’un air inquiet et serait certainement restée muette - en me laissant gérer la situation avec mon accent français et mon allemand approximatif - si jamais quelqu’un avait dit quelque chose.

Pris d’un moment de délire intégral autour d’un café hier en début d’après-midi, nous avons imaginé toutes sortes de dispositifs digne des lapins crétins destinés à dissuader les automobilistes de trop s’approcher (ou de s’être trop approchés) de votre voiture. La palme revient au détecteur de pression placé sur le pare-choc couplé à une bombe de peinture rose… Je pense qu’on tient là un produit à fort potentiel, non?

Qu’est ce qu’on peut en raconter des conneries à la pause café quand même :]

Jul 29

Ce weekend se déroulait la 8ème édition du Klassik Open Air, un concert gratuit (et en plein air comme son nom l’indique) organisé dans le parc Luitpoldhain au sud de Nuremberg (les plus attentifs remarqueront le colisée sur les photos panoramiques ci-dessous).

Au programme? 2h de musique classique, jouée par l’orchestre philharmonique de Nuremberg. En ouverture et fermeture nous auront eu droit au thème principal de Star Wars (rien de tel pour que les gens se taisent) puis successivement Rossini, Grieg, Tschaikowsky, Smetana, Mussorgskij, Brahms, Puccini, Verdi, Strauß et Offenbach… un régal!

Depuis son instauration en 2000, ce concert est devenu une sorte de sortie mondaine “Nurembergeoise”. De plus en plus de groupes se retrouvent en fin d’après-midi pour un pic-nic familial avant d’apprécier le concert qui débute à 20h. Arrivés (avec la salade) peu avant 17h nous avons eu du mal à trouver de la place à moins de 500m de la scène. Comme vous pouvez le voir sur les photos panoramiques ci-dessous, on a pas de mal à croire les organisateurs quand ils se vantent d’être en passe de battre le record de 60.000 visiteurs de l’édition 2007.

Entre tables de pic-nique, transats, chaises de jardin, couvertures et parasols chaque place est chère. Une fois posés (pas loin de la tour numéro 8 que vous pouvez voir au centre de l’image - à droite de la scène), plus question de bouger car le moindre déplacement est coûteux en énergie et en nerfs. Je suis parti à l’aventure pour prendre quelques photos et m’en suis à moitié mordu les doigts. Il m’a fallu pas moins de 5 minutes et quelques sauts de cabri pour parvenir à retrouver notre place située à 100 de là où j’ai pris les photos… mais ces dernières valent le déplacement!

Le concert se termine également par un feu d’artifice en musique qui met minable le feu d’artifice du réveillon parisien 2007 (il n’y en avait pas cette année) mais également la majorité des autres tirs que j’ai eu l’occasion de voir. Un véritable festival lumineux avec pas moins de 10/15 fusées en vol à tout instant et ce pendant 5 minutes… magique!

Le 8 août se déroulera la seconde édition annuelle du Klassik Open Air avec cette fois-ci l’orchestre Symphonique. La seconde édition est à peine moins bondée que la première malgré l’absence de feu d’artifice et le début des vacances scolaires bavaroises. Sur ce, je vous laisse avec quelques photos prises durant le concert.

Jul 21

Tout le weekend durant, j’ai vécu dans l’attente de ce rapport de build (l’image est floutée pour des raisons évidentes de respect des infos professionnelles - tout ce qui est rouge n’est pas bon signe…).

En rentrant dans le bureau ce matin, j’avais déjà ôté mes écouteurs et rangé mon iPod, j’étais prêt à affronter les collègues!

Avant de parler de ce matin, il faut parler de ce weekend. Mlle V. n’étant pas là (partie en rando), j’avais donc le loisir de bâtir le programme de mon choix, histoire de ne pas trop compter les secondes:

  • Vendredi soir et samedi toute la journée étaient dédiés à une session de jeu non stop pour faire enfin passer à mon chasseur le cap du lvl 60 (oui, WotLK approche et il était encore lvl 51…). Mission accomplie, check!
  • Samedi soir était prévu une sortie avec les français rencontrés récemment à Nuremberg. Dîner dans un sushi-bar histoire d’éponger les litres d’alcool ingurgités par la suite. La soirée s’est terminée dans une boite de nuit super-select-prout-prout où il a fallu batailler ferme pour entrer. De retour à l’appart’ à 6h du mat’, j’ai émergé (pas franchement frais) vers 14h dimanche… encore 20h de bien occupées, check!
  • Quelques heures de zonage plus tard, direction le fitness studio histoire de faire du sport malgré le temps pourri. De retour en fin d’après-midi il ne me restait plus qu’à ranger l’appart’ (c’est dingue à quel point ça peut se déranger vite ce genre de petite bêtes) avant le retour de MlleV, épuisée mais bronzée, check!

Entre temps, j’ai pu faire quelques photos de coucher de soleil (sur fond de ciel orageux), suivre Greg sur Twitter (il s’est acheté un iPhone3G donc il a intérêt à l’utiliser pour Twitter en permanence) et m’y mettre également (cf l’encart ici en haut à droite), commencer le livre Ilium, écouter 5 épisodes des podcasts de 1Up.com, regarder les 3 actes du DrHorrible’s Sing-Along-Blog (que je recommande très fort vivement en applaudissant des deux mains) et enfin réfléchir à des choses et d’autres (@Ghusse)… voila un weekend bien rempli.

Trêves de plaisanteries, en arrivant ce matin, pas de regard noir, pas de note sur mon bureau type “viens me voir dès que tu arrives t’as tout pété, signé DrHorrible”… j’ai donc tranquillement allumé mon ordi, ouvert le rapport de build de ce matin et découvert que le build en question est totalement inutilisable (là mon sang n’a fait qu’un tour)…

Après une demi heure d’épluchage de logs et de tests, je peux affirmer qu’aucun bug n’est dû à mes modifications… pourvu que çà dure!

Jul 18

J’ai les boules… je viens de faire le merge du boulot que j’ai abattu depuis pas loin de 3 mois (merge = transfert du code d’une branche de développement à une autre - en l’occurrence depuis ma branche “privée” vers la branche “publique” visible et utilisable par tous les développeurs). Ce soir à 23h se lancera la compilation journalière, base de travail pour tous les développeurs du projet et donc dans laquelle mes modifications seront pris en compte. Lundi l’action première de tous les développeurs sera de télécharger cette nouvelle version et de l’utiliser comme base de travail pour la journée… autant dire que si j’ai foiré quelque part… je le saurais avant même d’atteindre mon poste de travail!

Depuis début Mars, je travaille à la refonte d’une des parties centrales de notre logiciel alias le moteur de règles qui gère les relations entre les objets lors des actions - copier/couper/déplacer/coller - effectuées par l’utilisateur. Pour vous faire une idée de ce que je fais, imaginez une table (composée de 4 pieds d’un plateau) et un verre vide posé sur celle-ci. Au moment de leurs créations respectives au sein du logiciel, chaque objet a émis un certain nombre de règles du genre “je suis un pied, je peux être ajouté sous un plateau” ou “je suis un verre, je peux être posé sur un plateau” ou “je suis un plateau je peux avoir au maximum 4 pieds, et si j’en ai moins de 4 ca va barder”. Dès lors, que se passe t-il si l’utilisateur copie un pied de table et essaye de le coller sous ce même plateau? Le moteur de règle va interdire l’action au regard de la règle émise par le plateau (max 4 pieds). De même, si l’utilisateur essaye de couper le plateau, le moteur de règle va dire “tss tss, il y a un verre qui repose sur toi, si tu t’en va il va se péter la gueule alors je t’interdit de t’en aller”.

Vous l’aurez compris, je m’occupe en fait d’assurer la “consistance” de la structure qui est entrain d’être construite; je fais en sorte que jamais une action qui aboutisse à une structure “bancale” - on parle de configuration illégale ou inconsistante - soit effectuée. Autant dire que si qqch foire dans mon code, l’erreur est susceptible d’impacter simplement… tout le monde!

Pour minimiser les erreurs et maximiser la qualité du logiciel, nous travaillons avec un ensemble de règles de test. Pour chaque morceau de code (ou plutôt chaque fonctionnalité élémentaire), un scénario de test automatique doit être écrit, scénario qui vient alors gonfler la masse des tests à effectuer avant tout “merge”. Le script global contient plus de 1800 tests et demande près de 4h d’exécution, mais permet d’éviter les effets de bord (qu’une modification à un bout du logiciel ne casse qqch à l’autre bout sans le savoir).

Depuis une semaine, je laisse tourner le script toutes les nuits et décortique les résultats pendant la journée pour m’assurer qu’aucun des tests négatifs obtenu n’est dû a mes modifications… ce soir j’ai eu le go de mon chef alors voila c’est mergé! Après tant de tests, je suis (presque) convaincu que tout ira bien, mais malgré tous je ne peux m’empêcher d’imaginer le pire… si qqch foire lundi promet d’être funky!