Posted on Sep 2, 2008

Ca a fait mal 3/3

Au point où nous en sommes, il ne nous reste que 4 étapes (4 gros paragraphes constituant un post géant) avant de se retrouver assis dans un train filant vers l’Allemagne… mais avant d’y arriver il nous reste les Dolomites, un bloc de pierre simplement “maousse”, à grimper!

Dimanche 17 Août : Grödner Joch (2137m) – Piscadiùhütte (2587m) – Boèhütte (2871m) – CapanaFassa (3152m)

Après une nuit de non-sommeil et un petit dej’ pour une fois franchement conséquent, nous attaquons un GR diabolique (le GR 666 – même pas une blague) qui grimpe directement de 400m sans demander son reste! Les derniers 100m (de dénivelée) sont presque de l’escalade sur une partie entièrement sécurisée qui ne nous rassure pas franchement plus que la veille… mais sans neige ça va quand même déjà beaucoup mieux! Une fois en haut on retrouve les paysages désolés faits de pierre et… de pierre qu’on avait parcouru la veille.

Après être passé au refuge Picadiù et avoir franchi un dernier raidillon, on atteint le plateau où la ballade redevient tranquille. Le ciel est gris, mais ça n’empêche pas les randonneurs du dimanche de se presser au portillon – on l’apprendra plus tard, de l’autre coté du plateau se trouve un téléphérique ce qui explique la quantité de gens que l’on croise, gens que l’on aurait mal vu grimper la partie que l’on s’est enfilé le matin même.

Vers 15h on attaque la dernière montée allant de la Boèhütte au refuge de Capana Fassa – plus haut sommet de notre vadrouille avec ses 3152m. Le chemin est relativement bien enneigé, ce qui ne rend pas la montée facile, de plus c’est la première fois que l’on ressent les effets de l’altitude – souffle rapidement court et petit mal de tête qui disparaît heureusement vite. Une heure plus tard on arrive au refuge et se pose devant un morceau d’ApfelStrüdel!

Le refuge est tout petit, 20 lits à tout casser et se trouve tout en haut de la montagne. A cause d’un “réflecteur téléphonique” on ne jouit pas entièrement d’une vue à 360°… mais presque! Avant que le soleil se couche, nous sommes rejoints par Manuel, Boris, “Agecanonix” et “Bonnemine” avec qui on passera une super soirée. Les personnes qui tiennent le refuge nous promettent un temps radieux pour le lendemain… je les prend au mot et règle le réveil de ma montre pour sonner à 5h30!

Lundi 18 Août : CapanaFassa (3152m) – Val Gardena (2100m) – Rifugio Vincenza (2250)

Au terme d’une (trop) courte nuit, quand mon réveil me tire du lit j’ai presque envie de lui dire d’aller se faire voir chez les grecs. Mais après un rapide coup d’œil par la fenêtre pour constater que 1) il n’y a aucun nuage 2) le ciel commence déjà à virer au rose, je m’habille et sors avec mon appareil photo! 30 minutes plus tard, le soleil est sur le point de sortir et nous sommes tous dehors à l’attendre.

Deux autres randonneurs sont là avec des réflexs (un Nikon et un autre Pentax) et on s’en donne à coeur joie… vous pouvez voir ca sur les photos ci-dessous. A 7h pêtantes nous sommes attablés devant un petit dej’ et avant 8h nous sommes de nouveau en route.

Cette journée est la première que nous faisons hors des sentiers du chemin Munich-Venise. Après une descente difficile des premiers 150m sur un sentier glacé peu recommandable, nous obliquons vers l’ouest en plein milieu d’un pierrier. La descente, de près de 1200m, est redoutable. Sur les premiers 500m, le chemin n’existe plus et il faut faire super attention à là où on pose nos pieds. Le soleil tappe comme pas permis et au milieu des pierres, la réflexion est odieuse… on est pas fachés quand on sort enfin du pierrier. La seconde partie se déroule sur un petit sentier de montagne, bien plus agréable, bien qu’aussi raide. On y croise quelques marmottes ainsi qu’un troupeau d’Edelweiß, je prend le temps de sortir l’objectif macro et de tirer quelques portaits de ces derniers!

Après la descente vient obligatoirement une remontée. On débarque sur une route où il y a au moins deux fois plus de cyclistes qui montent que descendent (on en déduit illico que ca doit être 2 fois plus marrant de monter que de descendre… logique non?). En cherchant à éviter la route je propose de couper dans les buissons à la bousole… ce qui nous conduit directement à marmotte-land. Après s’être fait surprendre par une paire de marmottes (ca fout les boules une marmotte qui siffle à 10m de vous pour prévenir ses copines qui roupillent au soleil…) Mlle V n’est franchement pas rassurée et je dois user de tous plein de stratagèmes pour la réconforter (c’est finalement la technique du “ignore et continue” qui finira par fonctionner). Une demi-heure après on débarque à touriste-land (pour le coup c’est moi qui suis aigri)… le col où on émerge de la forêt est bondé de voiture et de cars de touristes… s-u-p-e-r.

On traverse tant bien que mal et en sortant d’un virage on découvre un grand panneau nous annoncant notre entrée à… Val Gardena (passage de la coupe du monde de ski alpin si je ne m’abuse). Après 10 jours loin de tout vous imaginez que ca fait un choc… mais j’avale ma rancoeur et on grimpe le dernier raidillon.

Un bain de foule plus tard, nous voila arrivés au Refuge Vincenzo où nous attendons avec impatience le départ des touristes. Vers 17h30 nous pouvons enfin aprécier notre litre de thé sur la terrasse du refuge au milieu d’une petite douzaine d’autres randonneurs… fini le calme du Munchen-Venedict Weg, nous voila de retour au milieu de la civilisation.

Mardi 19 Août : Rifugio Vincenza (2250) – Rifugio Bolzano (2460m)

Depuis le refuge, on voit presque le refuge suivant dans le lointain. En regardant la carte on se dit (probablement à raison) que la trajectoire directe serait trop courte et on choisit donc quelques chemins de traverse nous conduisant au bord du Rosengarten, un autre massif rocheux au moins aussi impressionnant que les Dolomites.

On passe tout d’abord au large de la Murmeltierhütte (littéralement “refuge des marmottes”) où on y voit… des vaches… et atterris dans une zone où les chevaux se promènent presque en liberté. Après une halte dans un alpage pour acheter du fromage et du pain on reprend la route pour se trouver un endroit où pic-niquer. Quelques montées et descentes plus tard, on sort la carte et se rend compte de notre erreur. Si on l’avait regardé avec un peu plus d’attention, on se serait rendu compte que si l’altitude globale de ce chemin secondaire ne semble pas varier de plus de 100m, il n’y a presque aucun moment où il est plat… bref, la ballade se transforme en montagnes russes… au temps pour le repos des guerriers!

Les paysages sont tout de même splendides et le temps est radieux jusqu’à 15h, heure où on arrive en vue de notre dernier refuge qui disparait vite de notre vue pour se cacher dans les nuages. Ce refuge ne nous laissera pas un souvenir impérissable, trop grand et trop gros en comparaison des jours précédents… peut-être aussi car sachant que la fin est proche, on a envie que ca se termine encore plus vite.

Mercredi 20 Août : Rifugio Bolzano (2460m) – Presule (800m) – Bozen (~500m)

Au réveil, le refuge est toujours immergé dans un brouillard épais. Heureusement les signes du GR sont peints sur de grosses pierres dressées ça et là que l’on repère assez facilement. Par deux fois on croise un troupeau de chamois émergeant du brouillard, c’est tout ce qu’il y a de passionnant à décrire sur cette partie. 45 min après notre départ, la redoutable descente commence accompagnée d’une pluie fine. Pour passer le temps, j’attaque le récit de l’histoire de Warcraft qui me prendra près de 2h30.

On avale les kilomètres aussi vite que possible et c’est vers 13h que l’on atteint Presule où on finit par trouver un arrêt de bus pour parcourir les 16km qui nous séparent de Bozen.

Après un déjeuner sous forme de Pizza (eh on est en Italie ou bien?), à 14h30 nous nous retrouvons assis dans un train en direction de Munich. Dès le départ on se demande ce qui se passe car plusieurs groupes de policiers patrouillent sur le quai. Peu de temps après le départ, un couple de policiers passe devant notre compartiment sans s’arrêter, puis reviens en courant, nous dévisage et repart! Au passage de la frontière autrichienne, ce sont alors des douaniers autrichiens qui patrouillent et ce coup-ci ouvrent le compartiment et demandent qqch en Italien à l’un des passagers qui est avec nous avant de repartir apparemment rassurés… nous pas ^^.

La fin des haricots

C’est vers 21h que l’on atteint enfin Nuremberg au terme d’une randonnée de plus de 200km, s’étirant entre l’Autriche et l’Italie, passant une fois au dessus de 3150m et comptant plus de 10km de dénivellée dans chaque sens.

Que peut-on dire de plus? Que 3 paires de chaussettes et autant de teeshirts auraient suffit pour toute la durée de la rando? Que le matos photo c’est vraiment lourd et que finalement j’aurais pu me passer du téléobjectif? Que le sparadrap toilé anti-frottements ca marche super bien (pas une ampoule de toute la virée)? Mais finalement, avec mon sac à dos bien trop lourd (17kg environ) j’y aurai pris du muscle dans le dos alors que j’ai perdu presque 2.5kg! On pourrait aussi dire qu’après 12 jours de rando on se sent coupé du boulot comme après 1 mois de plage. On pourrait finalement dire que c’est hard de marcher comme cela, que ça fait mal partout, qu’il y a des moments où on a plus envie… mais que les paysages sont tellement fantastiques que ça vaut vraiment le coup.

Voila donc qui clôt ce récit et tire un trait sur nos vacances… de retour au boulot avec plein de trucs qui m’attendaient, une semaine après j’ai l’impression que les vacances sont déjà très loin. Mais nous avons des souvenirs plein la tête (et l’appareil photo – cf ci-dessous)… c’était vraiment une virée que je conseille même si ne pas parler Allemand est vraisemblablement un inconvénient. Prochaine étape le GR20 en Corse ou une “ballade” Nuremberg-Paris en vélo?…