Posted on Sep 5, 2008

Liveship traders – Ship of magic

Il n’y a à ma connaissance qu’un seul livre qui ait produit sur moi un tel effet avant le premier tome des “Liveship traders”! De quel effet je veux parler? Mais d’empathie bien sûr!

Mode nostalgie ON

Je me souviens de ce livre presque comme si c’était hier. Il s’appelle la pourpre du guerrier de Rosemary Sutcliff.

Ce roman raconte l’histoire d’un adolescent vivant dans une tribu à l’age de bronze. Arrivé au seuil de la majorité, il doit satisfaire à un rituel de passage pour accéder au rang de guerrier: tuer un loup, seul et de nuit. Seulement voila, il n’a le droit qu’a un seul essai, une unique nuit, s’il rate son coup il devient une sorte d’esclave et c’est fini pour sa gueule ; enfin, pour ne pas faciliter les choses il est légèrement handicapé et ne peut se servir de son bras droit! Vous imaginez bien qu’il… n’y parvient pas et que ça vire coton pour lui.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai vécu ce livre avec tellement d’empathie pour le personnage principal que lorsque le gamin en question a manqué son coup et que le monde est devenu trop cruel pour lui toussa toussa, j’ai décrété que c’était foutu pour sa gueule, que ça ne valait même plus la peine de lire (j’étais profondément choqué, si si je vous assure!). A tel point que j’ai mis le livre de coté et j’ai été incapable de continuer pendant près de 6 mois. Pour finir l’histoire, un jour je me suis quand même forcé et c’était pas plus mal, happy-end toussa toussa… bref j’avais 12 ans.

Après être devenu un rat de bibliothèque dévorant livres jours et nuit pendant un temps, j’ai fait une pause de près de 10 ans en ne lisant alors que les trucs imposés par les profs. Il a fallu que je passe le Rhin d’ouest en est pour retrouver le goût de la lecture ; simplement parce que j’ai alors délaissé mon vélo pour les transports en commun! La suite vous la connaissez si vous lisez ce blog régulièrement depuis 2 ans, les livres se succèdent… mais c’est une autre histoire!

Lively reader (me)

Je disais donc que ce premier tome de la trilogie des “liveship traders” a eu sur moi le même genre d’effet qu’il y a 13 ans avec un petit roman de rien du tout.

C’est en fait, la puissance descriptive que l’auteur – Robin Hobb – déploie au niveau de ses personnages, la précision dans le récit des histoires de chacun d’entre eux et surtout le caractère bien trempés que Hobb leur a donné qui en ont fait des personnages réellement vivant dans mon esprit. Robin Hobb tient – je trouve – un peu de George R.R. Martin dans le sens où elle a peu de pitié pour ses personnages (moins que Martin quand même qui est impitoyable, lui – il peut vous parler d’un personnages pendant 200 pages et le tuer au bout de 250 sans aucun scrupules) et leur fait réellement subir les pires rebondissements imaginables.

Toujours est il que, comme dans un bon film où un acteur joue un personnage mesquin avec une telle adresse qu’on a une seule envie c’est de lui mettre des baffes, plus d’une fois j’ai eu envie de parler au livre… comme un gamin devant un spectacle de Guignol! “Putain mais Malta t’es trop conne ou quoi?… c’était évident que ça tournerait mal!” ou “mais rebelle toi Keffria bordel, te laisse pas marcher sur les pieds comme ça!” ou encore “mais quel connard ce Kyle, comment Keffria a t-elle pu épouser un débile pareil???” … ou en ressentant presque le désespoir de l’un ou l’autre lors d’un rebondissement pas vraiment préssenti.

Vous l’aurez compris, j’ai été réellement happé par ce ce premier tome dont la lecture n’a pas été de tout repos pour moi ; et c’est tant mieux!

Liveship traders

Maintenant que j’ai abattu deux paragraphes d’une taille confortable sans même vous parler de l’histoire elle même, vous devez être partagé entre l’envie de continuer à lire mes élucubrations pour savoir de quoi ce bouquin – qui me met dans un tel état – retourne et l’envie de vous arrêter ici et d’aller voir ailleurs. Tiens d’ailleurs, faisons un jeu: que ceux qui ont été jusqu’ici ajoutent un commentaire avec un mot pris au pif dans ce post et écrit à l’envers! Parlons maintenant du livre en lui même voulez-vous (et si vous ne voulez pas c’est pareil)?

Liveship traders n’est qu’une des deux autres trilogie se déroulant dans le même monde que la “Farseer Trilogy”, l’histoire de Fritz Chivalry, l’assassin royal (la troisième trilogie s’appelle “Tawny Man”) écrit par le même auteur, Robin Hobb.

Cette fois-ci, loin des intrigues de court et des assassinats, nous suivons l’histoire des membres de la famille Vestrit, une des quelques vieilles familles de Bingtown à posséder un “liveship”, un vaisseau possédant sa propre personnalité, dont la figure de proue est capable de parler, dont les capacités de navigation sont quasi légendaires et qui sont les seuls navires à pouvoir naviguer la “Rain Wild River” dont le nom – prometteur de richesses sans fin – suffit à faire tourner la tête à tout marchand ; mais dont le coût – de l’or ou du sang – est redoutable. Ces vaisseaux ont fait de leurs familles respectives des marchands riches, respectés et enviées.

Sans entrer dans les détails, ca va tourner vinaigre pour la famille Vestrit au moment ou Ephron – le père – décède et que la succession se (dés)organise. Althea, fille seconde née à qui était destiné le navire, se voit hériter de… rien du tout… alors que sa grande soeur Keffria (qui n’a jamais mis les pieds sur le bateau) hérite de tout, le navire, la propriété… tout. Ça irait bien si Keffria n’était pas mariée à un abruti-fini à qui elle confie les pleins pouvoirs pour prendre en main le commerce familial et tout changer dans la famille sans comprendre les contrats et obligations des “Old Traders families”. La cerise sur le gateau est représentée par la fille de Kyle et Keffria – Malta – une petite peste vivant dans un monde tout rose et dont chaque action semble aller exactement à l’encontre du bon sens…

Rajoutez là dessus un navire venant de “naître” et dont l’équilibre mental dépend de son traitement lors des premiers mois de sa vie (mois qu’elle passe sous les ordre de Kyle-le-connard – il faudra lire le livre si vous voulez comprendre cette partie), saupoudrez de pirates avides de posséder un liveship et assaissonez d’affaires de famille, d’honneur, d’esclavage et d’argent et vous obtenez le cocktail explosif de l’histoire des liveship traders!

J’ai tout juste fini le premier tome et je suis dans un état lamentable d’appréhension et d’envie de savoir la suite… cela va de soi que je vous le recommande des deux mains!

4 Comments

  • Greg says:

    Pfff tu m’as fait peur ! Il a fallu que je remonte à un post du 28 janvier pour m’assurer que t’avais bien lu l’assassin royal avant ^^

    tnanetnaim

    Et non c’est bien Robin Hobb la plus sadique ! Elle a le chique pour torturer dans tous les sens ses héros ! (Sa dernière trilogie Soldier’s Son en est limite dur à lire…)

    Une très grosse aventure que ces 3 trilogies, bon voyage !

  • ML says:

    Moi aussi j’ai adoré Liveship traders, ca m’a beaucoup rappelé les sentiments d’”implications” dans l’histoire que j’avais pu ressentir en lisant Le Seigneur des Anneaux ou le Trône de Fer.
    Le deuxième tôme (du moins en anglais) est encore plus intéressant que le premier. Dans le premier, elle (Hobb) mets en place ses personnages avec leurs qualités et leur défauts (Entre Malta, Althea et Kyle… c’est plutôt leurs défauts, tête de mule qu’on voit) mais dans le deuxième voir même le troisième tôme, Hobb fait vraiment évoluer ses personnages et leur donne une profondeur.
    En plus, c’est John Howe qui a réalisé les dessins des couvertures des tômes (en anglais, collection Harper Collins Publisher).

    Quand à la troisième trilogie, Greg m’avait dit qu’elle était un peu moins réussite que les deux premières, je crois.

  • Tim says:

    Salut ML, je suis tout à fait d’accord en ce qui concerne le Trône de Fer, par contre le Seigneur des Anneaux est pour moi vraiment un cran en dessous au niveau “sentiments et implications”. C’est une histoire palpitantes de rebondissements, mais pas une histoire dont la psychologie des personnages est creusés comme dans les deux autres.

    Je dévore actuellement le second tome à une vitesse effarante et effectivement Hobb creuse encore plus dans ses personnages et montre plus qu’elle ne l’avait fait dans le premier tome… rhaaa… j’ai envie de retourner lire, pas de faire de la recherche de bugs…

    Par contre les couvertures ne m’ont pas particulièrement marquées. Ce sont de beaux dessins c’est sur, mais à part peut-être la seconde couverture, elles n’ont rien de spécial et pourraient être utilisées pour d’autres livres du même genre sans soucis ; ce que je trouve dommage.

  • [...] histoire des Liveship Traders. Je vous ai déjà parlé de ce livre, je terminais même mon billet sur ces mots “J’ai tout juste fini le premier tome et je suis dans un état lamentable [...]