Le voici le voila, il m’a fallu du temps pour écrire tout ça… après les 4 jours de randonnée du coté autrichien, voici le premier récit de nos étapes italiennes!
Mercredi 13 Août : Stein (1535m) – Gliterschartl (2644m) – Dun (1470m) – Pfunders (1134m) – Weitental (880m)
Rétrospectivement, je pense que c’est l’étape qui m’a fait le plus souffrir, même après une journée peu remplie comme celle de la veille.
Tout a commencé sur un petit chemin serpentant dans une forêt luxuriante qui m’aurait plus fait penser à la jungle sud-américaine (ou l’idée que j’en ai tout du moins) qu’à un versant de montagne dans le nord de l’Italie. L’humidité est très présente, on marche fréquemment dans la boue et surtout la végétation semble oppressante, comme souhaitant refermer le sentier. Après 400m de grimpette on sort enfin de la forêt et commence la réelle montée, celle qui monte en zig-zag et atterris dans le paquet de nuages qui nous surplombe. Le ciel est bien gris et l’atmosphère lourde à souhait, on sent que l’orage n’est pas passé loin. Le seul moment palpitant de la matinée aura été de croiser un troupeau d’ovins sagement installés sur le GR sans possibilité de les contourner (cf première photo), on arrive enfin au sommet où on sort les Kways fissa ainsi que bonnets et gants tant le vent souffle glacial.
On attaque la descente et, comme par enchantement, on se retrouve l’espace d’un battement de cil en dehors des nuages, comme si on avait passé un mur trouble… le soleil brille à nouveau. On apprendra plus tard que c’est un effet normal des montagnes du coin, que le mauvais temps y reste accroché du coté autrichien et qu’au sud il y fait beaucoup plus beau qu’au nord… mouais lard ou cochon, l’histoire ne le dit pas! La descente est longue et meurtris les genoux. Les différents terrains se succèdent pour finir sur une route départementale qu’il nous faudra longer pendant 8 bons kilomètres ; après 18km dans la montagne c’est un véritable calvaire! La soirée sera cependant tout autre…
N’ayant pas obtenu de place dans le premier village, on poursuit notre route vers le second (5km plus loin – tout ça de moins à faire le lendemain). La “pension” où on se pose enfin est impeccable malgré son hôte absolument incompréhensible (à laquelle j’ai souris en hochant de la tête pendant au moins 3 minutes en me disant “Mlle V m’expliquera”… et MlleV m’a expliqué… qu’elle a pas vraiment compris non plus) hôte qui, le soir venu, nous a envoyé dans une “Gashof” voisine pour un dîner haut en couleurs.
Quand on s’est installé on a vite compris que ca allait être la surprise (menu du jour dont on ne connait ni la consistance ni le prix) et pour bien nous faire comprendre qu’on est en Italie, arrive fissa un saladier de spaghetti Bolognaise suffisant pour remplir un régiment de Mlle Vs et une bonne paire de “John Kim” affamés. Connaissant les italiens, on y va avec parcimonie et garde de la place pour la suite – non sans un petit moment de questionnement quand la serveuse vient chercher le plat et nous dit dans un Allemand approximatif un truc du genre “ca va? vous n’avez plus faim?”.
Avant qu’on ait le temps de craindre que ce soit fini arrivent coup sur coup des plats tous plus appétissants les uns que les autres : filets de porc, boulettes, pommes de terre sautées, champignons, salade variées… “on s’en met jusque là darladiraladada” comme diraient les bronzés et on termine par salade de fruits et schnaps x3 avant de commencer à se poser quelques questions quand à la “doulourante” (l’addition quoi).
Cette dernière arrive sous la forme de la chef cuisto – femme d’une soixantaine d’années aux allures de Mme Sarfati dans les sketchs d’Elie Kakou – apparemment seule personne de la maison parlant vraiment Allemand. La bouteille de schnaps à la main, elle semble hésiter puis nous dit avec une voix vraiment gênée “heu… je sais pas trop… heu… 10€ ça vous irait?… si c’est trop on peut s’arranger… (en me tendant la bouteille) tenez, servez-vous une nouvelle tournée pendant que je vais chercher de la monnaie”… et elle nous laisse en plan avec la bouteille… haut en couleurs vraiment!
Bref, après une épuisante journée et un repas pantagruélique je vous assure qu’on sombre plus que rapidement dans les bras de Morphée… et le reste n’est que ronflements!
Jeudi 14 Août : Weitental (880m) – Niedervintl (756m) – Ronerhütte (1832m) – Kreuzwiesenhütte (1925m) – Campil (2192m) – Turnaretschhütte (2030m)
Après quelques kilomètres on atteint Niedervintl qui est notre dernière “étape civilisée” en plus d’être le point le plus bas de notre ballade. On y tire de l’argent (tant bien que mal d’ailleurs car n’ayant pas utilisé ma CB française depuis plus d’un an j’ai dû me creuser la tête pour retrouver le code) et on y achète quelques victuailles histoire d’alourdir nos sacs à dos devenus trop légers… ensuite direction la montagne!
Pas de doutes, la montée est aussi raide que les lignes de niveau le prédisaient sur la carte et on se l’enfile en 4h chrono en discutant de choses et d’autre et en regardant les champignons (anémones). Arrivés en haut, le reste de la journée s’annonce calme, le temps est au beau fixe et le panorama est superbe, un peu trop de touristes se balladant pour la journée mais bon… que voulez-vous?
En grande fanatique des livres audio, Mlle V me supplie de lui raconter le livre que je lis en ce moment. Incapable de résister, j’entame le récit d’Ilium et suis presque surpris quand nous atteignons le petit refuge du jour… je n’ai pas vu le temps passer.
C’est le plus petit de tous les refuges que nous verrons. Tenu par une famille Italienne, les chambres s’atteignent en grimpant un escalier traversant un tas de foin. Pas de douche ni de chasse d’eau (un seau d’eau faisant cet office), une grande salle, une cuisine et un balcon disposant d’une vue splendide, voila tout ce que ce chalet comporte. On y est accueillis comme des rois, discute avec le fils de la famille des coutumes locales, du patois (Italien, Allemand et “Ladinish” sont obligatoire dans cette partie du “Sudtirol”) etc et passe une soirée courte mais très sympa.
On y rencontre d’ailleurs également Boris et Manuel, deux randonneurs avec qui nous passeront les soirées suivantes.
Vendredi 15 Août : Turnaretschhütte (2030m) – Lüsnerjoch (2008m) – Würzjoch (2006m) – Peitlerscharte (2357m) – Schlüterhütte (2297m)
A notre réveil, le plafond est très bas et franchement menaçant… on décide malgré tout de tenter l’aventure en se disant qu’au pire on pourra s’arrêter à mi-chemin dans la “Schlüterhütte”.
Après une petite heure de marche me permettant débuter le récit de l’histoire du “Trône de fer”, la pluie commence. D’abord légère et presque agréable, elle devient très vite bien plus lourde et nous force à sortir les capes de pluies. Malheureusement il n’y a pas d’abri à proximité, notre seule possibilité c’est de continuer.
Une petite heure après, quand la pluie s’arrête, nous sommes bien humides mais le vent augmentant à mesure qu’on approche du Peitlerscharte – LE col de la journée – on est presque intégralement secs quand on atteint le sommet.
Après 15 min de pause pour manger un morceau, c’est la grêle qui nous cueille, cette fois-ci accompagnée de gouttes redoutablement grosses. 5 minutes de ce traitement suffisent pour nous tremper jusqu’aux os, nos pieds flottent dans nos chaussures et nos mains souffrent des effets du froid et des grêlons cumulés. C’est presque en courant qu’on parcourt les 3 kilomètres qu’il nous reste pour arriver au refuge où nous passerons l’après midi, la soirée et la nuit.
Samedi 16 Août : Schlüterhütte (2297m) – Bronsoijoch (2421m) – Kreuzjoch (2293) – Roascharte (2616m) – Puezhütte (2475m) – Ciampaijoch (2366) – Crespeinajoch (2528m) – Cirjoch (2469m) – Grödner Joch (2137m)
A notre réveil nous avons l’agréable surprise de constater qu’avec des radiateurs coupés pour la nuit, nos chaussures bourrées de papier journal n’ont pas vraiment séchées. Qu’importe, même si pour le moment le brouillard nous entoure, la météo annonce du beau temps pour l’après midi alors on prend la route!
Les 2 premières heures sont relativement calmes et me permettent de finir de raconter l’histoire du “Trône de fer”, mais une fois arrivée en vue du Roascharte, on retombe dans les cailloux et la grimpette en zig zag reprend. En arrivant en haut, le paysage change soudainement et on se retrouve dans 10cm de neige au moment où on doit emprunter un passage sécurisé pas marrant. C’est probablement le passage où on a fait le moins les fiers de toute la rando. Marcher sur de la pierre recouverte de neige en haut d’un ravin avec pour toute sécurité un cable d’acier auquel on aurait probablement du mal à rester accroché avec nos sacs à dos n’a rien de franchement marrant…
2 heures plus tard on atteint enfin la Puezhütte. Exténués par la marche dans la neige et dans le froid on y fait escale pour le déjeuner en se demandant si on ne va pas y rester pour la nuit. Mais comme la météo l’avait prédit, le nuages disparaissent en l’espace de quelques minutes pour laisser place à un beau soleil… la bonne humeur revient ; on continue!
Le reste de la journée est surtout marquant de part le paysage que l’on traverse ; on se croirait sur la lune… tout est fait de pierre et semble dépeuplé (cf les panoramas ci-dessous).
Après une interminable descente qui fait souffrir nos genoux, on atteint enfin Grödner Joch où nous sommes sensés passer la nuit. Outre une vue splendide sur les Dolomites on y trouve un refuge hyper cher et un hotel qui parait presque donné en comparaison ; on décide de se faire plaisir et s’offre une nuit de grand confort (où le matelas beaucoup trop dur et le chauffage poussé à fond m’empêcheront de dormir une bonne partie de la nuit).
Nous voila aux pieds des Dolomites, étape ultime de notre voyage qui fera l’objet d’une troisième et dernière partie! Une fois encore je vous laisse avec une tripotée de photos à vous mettre sous la dent l’œil!
- C’est bien par ici qu’il faut passer… sisi… vous voyez la marque rouge et blanche?
- Il fait moche et on en a déjà plein les jambes…
- Heidi, où est tu?
- Oh les beaux cailloux!
- Banzai!
- Traverser un tas de foin pour aller se coucher… la classe!
- Turnaretschhütte
- Wah il fait trop beau ici!
- Banzai!
- Boris… (ou Baruch)
- Qu’ils sont mimi!
- Schluterhütte
- Ouep, c’est ce que l’on appelle une vraie purée de pois!
- Oh un bus de touristes!
- Ca grimpe encore et encore
- D’un coté c’est plein de cailloux, de l’autre c’est sous la neige… magie!
- Banzai!
- La chapelle de Grödner Joch
- Demain on grimpe là dedans!
- Juste après la Puezhütte 1
- Juste après la Puezhütte 2
- Avant de descendre vers Grödner Joch






















Quel enfer ! ^_^
En tout cas vous avez l’air bien en forme, même pas les traits tirés, et tu as même la force de poser quelques lettres dans ton cahier de bord (en Allemand ?).
Sinon je confirme même si j’étais pas là, je sais toujours pas comment tu fais pour porter une tonne sur ton dos et marcher en même temps ! Pour preuve sur la photo Banzai n°3, tu arrives même à faire pencher les panneaux quand tu t’appuies dessus !
T’as vu, pas une cerne et tout, la classe hein?
J’écrivais en français sur mon carnet, tous les jours j’ai écrit deux bonnes pages. Un instant j’ai osé imaginer poster des photos du carnet mais après avoir lutté 10 fois pour comprendre ce que j’avais écrit sur la première page je me suis dit que c’était suicidaire!
Ouais, mon sac était un peu lourd… (j’y reviendrais dans la dernière partie)!