Posted on Aug 4, 2008

Te Rok ac Ncoas Cge, Sn Conry e e ari (e Dcx)

Non vous ne rêvez pas, il y a bien un problème avec le titre de ce billet. Je m’étais fixé une limite de 45 caractères pour ce titre ; hors comme “The Rock avec Nicolas Cage, Sean Connery et Ed Harris (et Dr. Cox)” en fait 66 il a fallu couper quelque part. Il en va de même pour l’image ci-contre, il fallait rentrer dans les 40Kb alors j’ai enlevé quelques morceaux, j’espère que ça ne vous dérange pas trop…

Avec une intro pareille, vous devez vous demander où je veux bien en venir. Je veux parler de TV, de films, d’économie de bouts de chandelle, de limite d’age, de politiquement correct et surtout de coup de gueule ; le tout en rapport avec le film “The Rock” passé hier soir à la TV.

L’évangile selon Pro7 (ndla chaîne de TV Allemande)

Pendant le film, plusieurs questions que Mlle V. m’a posé m’ont mis la puce à l’oreille (C’est qui lui? Il est advenu quoi de untel?…). Tout bien réfléchi, j’avais un souvenir béat du film “The Rock”, et pas l’once d’un reproche à faire en terme d’incohérences, de passages flous et de jonctions étranges et d’absence de sang!

Selon mes souvenirs vieux de 12 ans, vers la fin du film, Nicolas Cage se retrouve en contact direct avec un gaz toxique très vilain mais survit tout de même grâce à l’injection d’un antidote dans les 20 secondes qui suivent. Il se relève alors et, après une course digne d’un sprinter en pyjama, tombe à genoux les bras en croix avec une fusée verte dans chaque main… il a sauvé la planète du monde entier de l’univers de San Francisco, hip hip hip hourra!

Si la dernière scène avec les loupiotes était bien présente, c’est l’absence de cette scène où Nicolas Cage éclate une petite bille contenant du gaz toxique dans la bouche d’un “méchant” et est alors obligé de se piquer avec une seringue à l’aiguille incroyablement longue, qui m’a fait prendre conscience du problème: des plans ont été simplement supprimés.

Attention chérie ca va couper” * (* la Cité de la Peur)

En cherchant sur internet ce matin, je suis tombé sur un site intitulé Schnittbericht – “compte-rendu de découpage” – dont le contenu m’a fait sauter au plafond. Sur la page correspondant au film “The Rock”, j’ai ainsi appris que la version passée par Pro7 a été allégée de 50 scènes, soit au total pas moins de 11 minutes, pour permettre au film de passer d’une interdiction -18 à une interdiction -12 ans. La Scène du gaz toxique a bien été enlevée mais également toutes les scènes un peu trop sanglantes ou certaines répliques un brin osées…

Outré, j’en ai parlé avec mes collègues qui m’ont répondu que c’est normal, et que si je veux voir les versions orginales je dois m’abonner à “Premiere” ou regarder les DVD (en prenant soin de choisir la bonne version).

Je n’arrive pas à comprendre comment les Allemands – d’ordinaires assez conservateurs – supportent que l’on dénature pareillement des œuvres artistiques. C’est comme si on collait un smiley au milieu du tableau “l’origine du monde” de Gustave Courbet pour pouvoir le présenter à des primaires…

La fin de l’innocence

Pour rire jaune j’ai continué mes recherches sur le site internet sus-cité et j’ai découvert que Kill Bill a été allégé de 2min pour avoir le droit de passer en -18 avant 23h, que Gladiator a également perdu 2min pour être seulement interdit aux -12 ans, que Basic Instinct a perdu 10 minutes de sesque pour être classé -12. “American History X”, “Saving Private Ryan” ou autres films à tendance légèrement violente ne seront jamais coupés car simplement impossible à passer. De plus j’ai appris que – c’est beaucoup moins fréquent – certains films sont coupés dès leur passage dans les salles…

Le fait que les cinéma de Nuremberg ne passent aucune VO m’avaient laissé simplement désabusé, voila que je suis maintenant hors de moi. Dans le monde – apparemment utopique – où je vis, si un film est interdit aux moins de 18 ans, c’est pas de bol pour lui mais il ne passera jamais à la télé à une heure de grande écoute, point!

En Allemagne ils ont apparemment une autre vision du monde… vision que je trouve tout d’un coup très “Américaine” où la tendance est au “tout le monde doit pouvoir tout voir”, alors on nivelle par le bas!

Dites-moi que ça n’est pas ainsi en France… ayez-pitié de mon innocence et cette croyance que j’ai que l’on vit encore dans un monde où les gens sont pris pour des adultes responsables et pas pour des gamins incapables de tout jugement, un monde où les parents son capables de dire non à leurs bambins et surveiller ce qu’ils regardent/font et où on est pas obligé de faire ce travail en préventif à leur place…

5 Comments

  • herisson26 says:

    Tim (tu permets que je t’appelle Tim ?), je sais, ça va faire mal, mais il va falloir le dire. En deux points :

    1) Ça date pas d’hier. À sa sortie, Blade Runner avait fait l’objet d’un montage spécial, avec une fin nunuche à base de fleurs écossaises — tel que souhaité par Ridley Scott, Les androïdes rêvent-ils de moutons mécaniques ? se terminait lorsque les portes de l’ascenseur se referment, laissant le spectateur dans un abîme de perplexité («mais bordel, qu’est-ce qu’il va faire ???»).

    2) En France aussi. Le club Dorothée a été très fort pour ça, au principe que les dessins animés, il faut que les enfants puissent les regarder. C’est ainsi que City Hunter, série pour adultes glauque et noire où les blagues de cul étaient la principale source d’allègement d’atmosphère, est devenue Nicky Larson, série à la violence admissible et à l’humour bougrement caviardé.

    Un jour, tu seras grand, et tu admettras qu’il faut tout faire pour protéger nos chères têtes blondes.
    D’ailleurs, je suis sûr qu’avec un peu de bonne volonté, American History X peut tout à fait se passer. Faut juste éviter les scènes où Derek est torse nu (apologie du nazisme), la scène du vol de voiture (délinquence), celle où il baise sa copine (sexe cru), celles où il lave le linge avec le voleur de télés (vocabulaire grossier), celle de la douche (homosexualité latente), celle où il nettoie la piaule de son frère (renoncement perturbateur à ses idéaux), celle où il se fait jeter par ses amis (handicap mental) et bien sûr la toute dernière (risque de causer des maladies de reins chez les enfants qui auraient peur d’aller aux toilettes).
    Ce qui nous laisse un très bon court-métrage de deux scènes, le prof donnant les cours d’American History X et celle où Derek dit à Danny «eh, fais ce que te dit Sweeney, c’est un excellent prof». 6 min 30 générique compris, adapté à tout public et parfait pour pas se coucher trop tard.

  • Tim says:

    Seulement si tu permet que j’omette le “26″ ^^

    Dans l’exemple que tu donnes de Blade Runner, le découpage à été fait par qui? Si le découpage en question est fait au moment du montage ca reste dans la sphère de l’auteur et ce ma va très bien.

    Ce qui me semble étrange dans le cas présent c’est que ce découpage a l’air d’être fait par la chaine de télé ou une autorité nationale omniciente (protégeant les têtes blondes en leur permettant de voir des scènes de combat ultraviolent – scène dans les douches dans the Rock – mais dénuées de sang >_< ) décidant de ce que l’on a droit de voir où pas.

    Mais tu as raison, les dessins animés de notre enfance étaient vernis dans ce sens. Cela me fait moins d’effet d’y penser à postériori que de le réaliser en direct en regardant ce qui me semble être un autre film ; mais c’est vrai!

    Je crois qu’il va falloir se résigner à descendre de mon perchoir bordé d’utopie… attention goudron, mes incisives arrivent!

  • Ghusse says:

    Euh, et la scène torse nu + mec qui fait un bisou au trottoir… Brrr…

    Fallait pas chercher le hérisson.

  • herisson26 says:

    Alors, pour Blade Runner, le montage «final» (il a du coup été repris quelques années après en «director’s cut», comme on dit) a a priori été fait sous la direction de Ridley Scott, mais sur ordre exprès de la Warner.

    Rien à voir avec le charcutage auquel se livre la censure allemande sur l’unique film de Michael Bay (le reste s’apparente plus à de la vidéo amateur) ? Ça se discute… On a très régulièrement des phénomènes de ce genre, avec des découpages souvent basés sur des critères commerciaux (Danse avec les loups qui ne devait pas dépasser 3 h par exemple). Mais là, la maison de prod’ s’est permis d’intervenir directement sur le film pour en changer le sens parce que la conclusion initiale était trop dure à avaler ; ça me gêne plus…
    Au passage, j’aimerais bien savoir pourquoi Leon a été coupé à 1 h 43, occasionnant au passage une petite incohérence qui n’existe pas dans la «director’s cut» de 2 h 12. Je soupçonne qu’il y a dû y avoir une question de «si ça dépasse 2 h on perd une projection par jour», mais j’en sais rien.

  • Edouard says:

    ah ouais, ca coupe en effet. 11 minutes sur un film c’est énormeeuh !

    ca me fait penser à The Big Lebowski ou la version télé US a été bourgrement modifié. bah oui, avec un fuck toutes les trente secondes, ca ne l’aurait pas fait.

    mais couper des bouts de films. et Apocalypse Now… hein ? ils en ont fait quoi ? un film de surf ?

    (bien aimé le coup de l’origine du monde… belle blague ! :P )