Posted on Aug 29, 2008

PADC 3/4

La troisième semaine du challenge de Ghusse est maintenant terminée, voici un petit récapitulatif de mes propositions!

Lundi 18 Août


(1/10 – f/27 – 33mm – ISO 200 – sur pied)

Debout à l’aube (5h30) à 3150m d’altitude, nous avons bravé le froid mordant pour voir le lever de soleil. D’un ciel bleu nuit teinté de lueurs pâles jusqu’à ce que le soleil apparaisse et que les ombres des montagnes dansent dans une lumière dorée nous étions là à admirer le paysage.

Entre temps nous avons eu le temps de comparer nos points de vue, de se prendre entre photographes (un Nikoniste et un autre Pentaxiste) et de jouer avec des silhouettes dans le levant!

Mardi 19 Août


(1/30 – f/5.6 – 33mm – ISO 200 – à main levée)

Après une journée sous une lumière écrasante et trajet passant dans des endroits ultra touristiques (Val Gardena – beaaaa) c’est avec délice que nous nous réfugions dans ce havre de paix qu’est le refuge Vincenzo, petite bâtisse perdue dans la montagne (ou presque) à 2400m d’altitude.

Mercredi 20 Août


(1/8 – f/6.7 – 18mm – ISO 200 – à main levée)

Après 12 jours de randonnée ininterrompue et après (pour cette journée-ci) 4h de marche, 1200m de dénivelée négative et 6h de train… mes yeux ne veulent plus faire la mise au point. Ma tête est posée contre la vitre et vibre au rythme des aspérités du rail tandis que mes rêves sont chargés de montagnes!

Jeudi 21 Août


(1/20 – f/5.6 – 50mm – ISO 200 – flash- à main levée)

Assis sur le balcon, nous contemplons le ballet des oiseaux dans la cour. Si certains ne passent pas loin, aucun ne s’arrête pour piquer un petit morceau dans nos assiettes…

Vendredi 22 Août


(1/350 – f/8 – 70mm – ISO 200 – à main levée)

Après une journée principalement grise, l’apparition d’un soleil nous baignant d’une lumière incroyablement jaune est presque surréaliste… les souvenirs du lever de soleil dans les montagne reviennent!

Samedi 23 Août


(1/45 – f/6.7 – 24mm – ISO 200 – flash – à main levée)

Petit dîner en amoureux en regardant la finale de GRS des JO (sport que Mlle V. a pratiqué pendant de longues années) puis en regardant “un long dimanche de fiançailles que nous n’avions pas vu!

Dimanche 24 Août


(1/6 – f/5.6 – 55mm – ISO 3200 – à main levée)

Je comptais prendre cette photo comme dernière du challenge. Après moultes vérification de mon agenda, je suis maintenant certain que je ne pourrais pas aller au cinéma le mercredi 3 Septembre donc j’ai décidé de prendre cette photo en avance en allant voir “The dark knight” hier soir. En soi c’est une fin de semaine… voici donc “et le rideau sur l’écran est tombé”!

Posted on Aug 28, 2008

Ca a fait mal 2/3

Le voici le voila, il m’a fallu du temps pour écrire tout ça… après les 4 jours de randonnée du coté autrichien, voici le premier récit de nos étapes italiennes!

Mercredi 13 Août : Stein (1535m) – Gliterschartl (2644m) – Dun (1470m) – Pfunders (1134m) – Weitental (880m)

Rétrospectivement, je pense que c’est l’étape qui m’a fait le plus souffrir, même après une journée peu remplie comme celle de la veille.

Tout a commencé sur un petit chemin serpentant dans une forêt luxuriante qui m’aurait plus fait penser à la jungle sud-américaine (ou l’idée que j’en ai tout du moins) qu’à un versant de montagne dans le nord de l’Italie. L’humidité est très présente, on marche fréquemment dans la boue et surtout la végétation semble oppressante, comme souhaitant refermer le sentier. Après 400m de grimpette on sort enfin de la forêt et commence la réelle montée, celle qui monte en zig-zag et atterris dans le paquet de nuages qui nous surplombe. Le ciel est bien gris et l’atmosphère lourde à souhait, on sent que l’orage n’est pas passé loin. Le seul moment palpitant de la matinée aura été de croiser un troupeau d’ovins sagement installés sur le GR sans possibilité de les contourner (cf première photo), on arrive enfin au sommet où on sort les Kways fissa ainsi que bonnets et gants tant le vent souffle glacial.

On attaque la descente et, comme par enchantement, on se retrouve l’espace d’un battement de cil en dehors des nuages, comme si on avait passé un mur trouble… le soleil brille à nouveau. On apprendra plus tard que c’est un effet normal des montagnes du coin, que le mauvais temps y reste accroché du coté autrichien et qu’au sud il y fait beaucoup plus beau qu’au nord… mouais lard ou cochon, l’histoire ne le dit pas! La descente est longue et meurtris les genoux. Les différents terrains se succèdent pour finir sur une route départementale qu’il nous faudra longer pendant 8 bons kilomètres ; après 18km dans la montagne c’est un véritable calvaire! La soirée sera cependant tout autre…

N’ayant pas obtenu de place dans le premier village, on poursuit notre route vers le second (5km plus loin – tout ça de moins à faire le lendemain). La “pension” où on se pose enfin est impeccable malgré son hôte absolument incompréhensible (à laquelle j’ai souris en hochant de la tête pendant au moins 3 minutes en me disant “Mlle V m’expliquera”… et MlleV m’a expliqué… qu’elle a pas vraiment compris non plus) hôte qui, le soir venu, nous a envoyé dans une “Gashof” voisine pour un dîner haut en couleurs.

Quand on s’est installé on a vite compris que ca allait être la surprise (menu du jour dont on ne connait ni la consistance ni le prix) et pour bien nous faire comprendre qu’on est en Italie, arrive fissa un saladier de spaghetti Bolognaise suffisant pour remplir un régiment de Mlle Vs et une bonne paire de “John Kim” affamés. Connaissant les italiens, on y va avec parcimonie et garde de la place pour la suite – non sans un petit moment de questionnement quand la serveuse vient chercher le plat et nous dit dans un Allemand approximatif un truc du genre “ca va? vous n’avez plus faim?”.

Avant qu’on ait le temps de craindre que ce soit fini arrivent coup sur coup des plats tous plus appétissants les uns que les autres : filets de porc, boulettes, pommes de terre sautées, champignons, salade variées… “on s’en met jusque là darladiraladada” comme diraient les bronzés et on termine par salade de fruits et schnaps x3 avant de commencer à se poser quelques questions quand à la “doulourante” (l’addition quoi).

Cette dernière arrive sous la forme de la chef cuisto – femme d’une soixantaine d’années aux allures de Mme Sarfati dans les sketchs d’Elie Kakou – apparemment seule personne de la maison parlant vraiment Allemand. La bouteille de schnaps à la main, elle semble hésiter puis nous dit avec une voix vraiment gênée “heu… je sais pas trop… heu… 10€ ça vous irait?… si c’est trop on peut s’arranger… (en me tendant la bouteille) tenez, servez-vous une nouvelle tournée pendant que je vais chercher de la monnaie”… et elle nous laisse en plan avec la bouteille… haut en couleurs vraiment!

Bref, après une épuisante journée et un repas pantagruélique je vous assure qu’on sombre plus que rapidement dans les bras de Morphée… et le reste n’est que ronflements!

Jeudi 14 Août : Weitental (880m) – Niedervintl (756m) – Ronerhütte (1832m) – Kreuzwiesenhütte (1925m) – Campil (2192m) – Turnaretschhütte (2030m)

Après quelques kilomètres on atteint Niedervintl qui est notre dernière “étape civilisée” en plus d’être le point le plus bas de notre ballade. On y tire de l’argent (tant bien que mal d’ailleurs car n’ayant pas utilisé ma CB française depuis plus d’un an j’ai dû me creuser la tête pour retrouver le code) et on y achète quelques victuailles histoire d’alourdir nos sacs à dos devenus trop légers… ensuite direction la montagne!

Pas de doutes, la montée est aussi raide que les lignes de niveau le prédisaient sur la carte et on se l’enfile en 4h chrono en discutant de choses et d’autre et en regardant les champignons (anémones). Arrivés en haut, le reste de la journée s’annonce calme, le temps est au beau fixe et le panorama est superbe, un peu trop de touristes se balladant pour la journée mais bon… que voulez-vous?

En grande fanatique des livres audio, Mlle V me supplie de lui raconter le livre que je lis en ce moment. Incapable de résister, j’entame le récit d’Ilium et suis presque surpris quand nous atteignons le petit refuge du jour… je n’ai pas vu le temps passer.

C’est le plus petit de tous les refuges que nous verrons. Tenu par une famille Italienne, les chambres s’atteignent en grimpant un escalier traversant un tas de foin. Pas de douche ni de chasse d’eau (un seau d’eau faisant cet office), une grande salle, une cuisine et un balcon disposant d’une vue splendide, voila tout ce que ce chalet comporte. On y est accueillis comme des rois, discute avec le fils de la famille des coutumes locales, du patois (Italien, Allemand et “Ladinish” sont obligatoire dans cette partie du “Sudtirol”) etc et passe une soirée courte mais très sympa.

On y rencontre d’ailleurs également Boris et Manuel, deux randonneurs avec qui nous passeront les soirées suivantes.

Vendredi 15 Août : Turnaretschhütte (2030m) – Lüsnerjoch (2008m) – Würzjoch (2006m) – Peitlerscharte (2357m) – Schlüterhütte (2297m)

A notre réveil, le plafond est très bas et franchement menaçant… on décide malgré tout de tenter l’aventure en se disant qu’au pire on pourra s’arrêter à mi-chemin dans la “Schlüterhütte”.

Après une petite heure de marche me permettant débuter le récit de l’histoire du “Trône de fer”, la pluie commence. D’abord légère et presque agréable, elle devient très vite bien plus lourde et nous force à sortir les capes de pluies. Malheureusement il n’y a pas d’abri à proximité, notre seule possibilité c’est de continuer.

Une petite heure après, quand la pluie s’arrête, nous sommes bien humides mais le vent augmentant à mesure qu’on approche du Peitlerscharte – LE col de la journée – on est presque intégralement secs quand on atteint le sommet.

Après 15 min de pause pour manger un morceau, c’est la grêle qui nous cueille, cette fois-ci accompagnée de gouttes redoutablement grosses. 5 minutes de ce traitement suffisent pour nous tremper jusqu’aux os, nos pieds flottent dans nos chaussures et nos mains souffrent des effets du froid et des grêlons cumulés. C’est presque en courant qu’on parcourt les 3 kilomètres qu’il nous reste pour arriver au refuge où nous passerons l’après midi, la soirée et la nuit.

Samedi 16 Août : Schlüterhütte (2297m) – Bronsoijoch (2421m) – Kreuzjoch (2293) – Roascharte (2616m) – Puezhütte (2475m) – Ciampaijoch (2366) – Crespeinajoch (2528m) – Cirjoch (2469m) – Grödner Joch (2137m)

A notre réveil nous avons l’agréable surprise de constater qu’avec des radiateurs coupés pour la nuit, nos chaussures bourrées de papier journal n’ont pas vraiment séchées. Qu’importe, même si pour le moment le brouillard nous entoure, la météo annonce du beau temps pour l’après midi alors on prend la route!

Les 2 premières heures sont relativement calmes et me permettent de finir de raconter l’histoire du “Trône de fer”, mais une fois arrivée en vue du Roascharte, on retombe dans les cailloux et la grimpette en zig zag reprend. En arrivant en haut, le paysage change soudainement et on se retrouve dans 10cm de neige au moment où on doit emprunter un passage sécurisé pas marrant. C’est probablement le passage où on a fait le moins les fiers de toute la rando. Marcher sur de la pierre recouverte de neige en haut d’un ravin avec pour toute sécurité un cable d’acier auquel on aurait probablement du mal à rester accroché avec nos sacs à dos n’a rien de franchement marrant…

2 heures plus tard on atteint enfin la Puezhütte. Exténués par la marche dans la neige et dans le froid on y fait escale pour le déjeuner en se demandant si on ne va pas y rester pour la nuit. Mais comme la météo l’avait prédit, le nuages disparaissent en l’espace de quelques minutes pour laisser place à un beau soleil… la bonne humeur revient ; on continue!

Le reste de la journée est surtout marquant de part le paysage que l’on traverse ; on se croirait sur la lune… tout est fait de pierre et semble dépeuplé (cf les panoramas ci-dessous).

Après une interminable descente qui fait souffrir nos genoux, on atteint enfin Grödner Joch où nous sommes sensés passer la nuit. Outre une vue splendide sur les Dolomites on y trouve un refuge hyper cher et un hotel qui parait presque donné en comparaison ; on décide de se faire plaisir et s’offre une nuit de grand confort (où le matelas beaucoup trop dur et le chauffage poussé à fond m’empêcheront de dormir une bonne partie de la nuit).

Nous voila aux pieds des Dolomites, étape ultime de notre voyage qui fera l’objet d’une troisième et dernière partie! Une fois encore je vous laisse avec une tripotée de photos à vous mettre sous la dent l’œil!

Posted on Aug 26, 2008

The big picture aux JO

Après les photos hautes en couleurs de la cérémonie d’ouverture et les photos riches de mouvement prises pendant les épreuves d’escrime voici un petit récapitulatif de certaines épreuves sportives et la cérémonie de clôture des JO de Beijing… en grand format, comme toujours avec “The Big Picture” – superbe!

Posted on Aug 25, 2008

PADC 2/4

Cette deuxième semaine fût presque plus complexe que la première. Étant en vacances je n’ai pas cessé de prendre des photos et c’est là la source même du problème. En supprimant les photos tous les soirs les moins intéressantes et les ratées, je suis revenu de vacances avec près de 400 photos et pourtant, dès le premier jour, j’ai senti que ça n’allait pas être simple.

Car si je trouve que j’ai fait de belles photos – beaucoup de paysages par exemple et de chouettes photos de vacances en général – cela ne répond pas, selon moi, à la contrainte principale du défi de Ghusse qui est de susciter la créativité.

J’ai presque tous les jours cherché une photo ; mais quand la créativité n’était pas au rendez-vous, et comme j’avais pris beaucoup d’autres photos pendant la journée, je n’ai pas poussé plus loin et cherché LA photo du jour… J’ai donc bien une photo pour chaque jour, mais parfois pas celle que j’aurais souhaité… et je trouve que ça se voit.

Trêve de blabla et d’apitoiement, faisons dans le concret, voici un petit résumé de la seconde série qui va du samedi au dimanche (pour rattraper le rythme).

Samedi 9 Août


(1/175 – f/9.5 – 26mm – ISO 200 – à main levée)

Le temps était gris et brumeux toute la journée et après une grimpette de 500 à 2000m je n’avais que des photos de brouillard. Juste avant que le soleil disparaisse derrière les montagnes, les nuages se sont dispersés et le soleil est brièvement apparu. Juste le temps de faire 3 photos et de jouer avec la silhouette de Mlle V à contre jour!

Dimanche 10 Août


(1/180 – f/6.7 – 24mm – ISO 200 – à main levée)

Après 600m de dénivelée positive dans la poire – dans la caillasse qui plus est – on passe un col et se retrouve face à un paysage à tomber par terre. Le vent souffle fort et frais, alors on ne s’appesantit pas. Mlle V. prend de l’avance le temps que je range mon appareil… et prenne une dernière photo!

Lundi 11 Août


(1/250 – f/8- 38mm – ISO 200 – à main levée)

Après une lente et presque pénible montée dans un pierrier, le sommet du jour – 2900m – nous accueille avec un paysage magnifique. De l’autre coté la descente, bien qu’entièrement sécurisée, s’avère laborieuse. Je prend de l’avance et sors l’appareil dans un moment délicat… clic!

Mardi 12 Août


(1/30 – f/5,6 – 55mm – ISO 800 – à main levée)

Petit passage délicieux dans la forêt. Pendant quelques temps nous ne sommes pas exposés au vent et ne marchons pas sur des pierres… à droite et à gauche “fleurissent” des champignons de toutes formes, dont des amanites aussi redoutables qu’attrayantes!

Mercredi 13 Août


(1/60 – f/6,7 – 24mm – ISO 400 – à main levée)

La journée était simplement dégueulasse. 1000m (de dénivelée) de grimpette dans le brouillard pour arriver à un col venteux comme pas permis, puis redescendre 1200m et terminer pas 5km de route nationale… jusqu’à 16h je n’avais encore aucune photo candidate… et puis dans un virage, un champ montre le bout de son nez, avec ces étranges hommes de paille…

Jeudi 14 Août


(1/125 – f/6,7 – 21mm – ISO 200 – à main levée)

De retour à 2500m d’altitude, on découvre un versant où les petits chalets d’alpage se succèdent. 5m de large à tout casser, quelques animaux qui tournent autour: “il en faut peu pour être heureux”…

Vendredi 15 Août


(1/20 – f/5,6 – 55mm – ISO 800 – à main levée)

Trempés jusque aux os, on se réfugie dans la Schluterhütte et s’empresse de commander un thé. Pendant que notre mélange traditionnel “fruits rouge – menthe” infuse, je sors l’appareil pour vérifier qu’il n’a pas pris l’eau…

Samedi 16 Août


(1/180- f/13 – 18mm – ISO 200 – à main levée)

Après 2h de montée dans les cailloux on commence à apercevoir un peu de neige ; mais c’est rien comparé à ce qui nous attend quand on passe enfin le col… heureusement que la montée nous a bien réchauffée!

Dimanche 17 Août


(1/180 – f/8 – 38mm – ISO 200 – sur pied)

A 3150m d’altitude, on commence à se retrouver au dessus des nuages d’où les montagnes émergent. Tant pis pour le beau coucher de soleil ; mais les “locaux” nous promettent du beau temps pour le lendemain…

Le groupe sur Flickr continue avec toujours autant d’ardeur. Comme je commente peu là bas, j’en profite pour féliciter en bloc tous les participants pour leurs chouettes photos! Continuez comme ça!

Posted on Aug 23, 2008

Ca a fait mal 1/3

Nous revoilà après 12 étapes réalisées en… 12 jours! Pour faire dans les généralités, c’était beau – voir très beau, c’était dur – voir très dur, ça a fait mal – voir très mal, mais qu’est ce que ça valait le coup!

Je pourrais vous assommer avec des photos (un peu plus de 180 après tri et sélection) mais par manque de temps, de place et d’envie je vais faire light de ce coté là.

J’avais par contre emporté mon petit carnet de notes Moleskin et j’ai, chaque soir, consciencieusement noté quelques phrases sur la journée histoire de ne rien oublier. Voici donc la première partie du récit – condensé – de nos exploits de vacanciers en vadrouille!

Samedi 9 Août : Wattens (500m) – Lizumerhütte (2019m)

Levés à 3h30 pour prendre un train pour Innsbruck, vous imaginez qu’au moment de mettre les pieds sur le sentier de la guerre randonnée, on était que moyennement frais. A 10h30 on sort enfin du village de Wattens et attaque la première grimpette de nos vacances, sur un chemin de croix.

Les sacs pèsent, les jambes sont lourdes et on sue à grosses gouttes… le corps tente tant bien que mal de s’adapter mais il galère le pauvre et seule le moral tient bon. Même si la brûme nous cache la vue au dessus de 1000m… on ne se décourage pas.

C’est vers 14h – et avec un soupir de soulagement – qu’on sort enfin des bois où on pataugeais depuis près de 4h pour atteindre les premiers signes des alpages et leurs verts pâturages. Les nuages sont toujours bas, mais le plafond semble avoir grimpé de quelques centaines de mètres. On continue à monter même si les muscles crient à l’unisson que “putain c’était quoi cette idée à la con?”. Pour se donner du courage on regarde les mètres du dénivelé défiler sur ma montre (la classe, hein?) jusqu’à atteindre la barre fatidique des 2000m.

Lorsqu’on arrive enfin sur le plateau où est sensé se trouver le refuge, on en peut plus. La conversation est limitée au minimum syndical et je sens bien que Mlle V. ressent exactement la même chose que moi quand on se rend compte que le toit que l’on apercevais depuis 15min n’est autre qu’un bâtiment militaire et que le refuge est bel et bien 2km plus loin.

On atteint enfin le refuge, une superbe bâtisse toute neuve qui s’avèrera être un des meilleurs rapports qualité-prix de notre séjour (coté authenticité on repassera par contre). Après 1L de thé, un diner pantagruélique et une grosse demi-heure d’attente – pour ne pas aller se coucher trop tôt – il est enfin 20h, on file au pieu, épuisés mais heureux d’être enfin en haut! “Geschafft” (réussi) comme ils disent ici!

Dimanche 10 Août : Lizumerhütte (2019m) – Pluderlingsattel (2743m) – Gschützspitze (2657m) – Tuxer Joch Haus (2330)

Contrairement à la veille, le soleil nous accompagne dès le réveil. Après 15min de grimpette dans l’ombre de la montagne, on se retrouve en plein soleil et dans les cailloux… ça tape.

La montée est plus raide que la veille mais curieusement moins éprouvante. Le rythme est posé car un grand nombre de randonneurs se suivent sur le chemin (weekend + pas loin d’Innsbruck) ; la “colonne” s’étire sur tout le long du sentier grimpant dans un pierrier.

Après 2h30 de montée on arrive enfin au col qui nous dévoile une vue à tomber par terre : un cirque de montagnes magestueux. On y reste un bon quart d’heure mais le vent, fort et froid, nous force à continuer avant de geler sur place. On descend, monte et redescend de 200m pour arriver – vers 14h – au Plunderlingstattel, un autre col d’où on peut voir le refuge où nous comptons faire étape. Sous nos pieds s’étend une descente de 500m en zig-zag puis une remontée “pépère” de l’autre coté… on est pas arrivés.

Encore une une fois, ce qui frappe c’est la quantité de “vert” qui nous accueille. Après une matinée dans les rochers tant de verdure c’est presque surnaturel. Après 1h30 de descente qui fait mal aux genoux, on se retrouve les pieds dans l’eau au bord d’un ruisseau et on y fait la connaissance de deux étudiants avec qui on passera la soirée.

Contrairement à la veille et malgré son “jardin d’hivers” permettant de contempler la vue au chaud, le refuge est bien moins sympa et beaucoup plus cher.

Lundi 11 Août : Tuxer Joch Haus (2330)- Spannagelhaus (2531m) – Friesenbergscharte (2910m) – Friesenberghaus (2498m) – Dominikushütte (1805m)

Debout à l’aube (avant 6h) à cause d’une bande de cons qui ont cru qu’ils étaient tout seuls dans le refuge, on prend la route dès 7h30 en direction du versant opposé. Quelques minutes après le départ, on traverse une banlieue de Marmotte-city vachement mal fréquentée par une bonne 20 aine de marmottes qui vous regardent passer avec l’air de dire “ziva tu veux quoi toi? baisse les yeux, allé!”.

2h de descente puis de montée plus tard on arrive au Spannagelhaus, un refuge sympa comme tout – on se dit au passage qu’on aurait mieux fait de pousser le trajet la veille pour dormir là – qui marque notre premier chocolat chaud de la journée. Le temps est beau mais très frais et la suite de la montée s’annonce rude.

La suite c’est simplement une grimpette de 400m dans un pierrier à faire pleurer le pierrier de la veille. Au lieu de la petite caillasse facile, on doit sauter ici sur de véritables blocs de pierre de – parfois – plusieurs mètres de large. La montée est très éprouvante, et cette difficulté s’ajoutant aux courbatures des premiers jours on en “chie” pas mal. Mais arrivé en haut on oublie vite tant la vue vaut le détour… on surplombe deux vallées avec d’un coté le refuge où on a dormi et de l’autre un lac turquoise au bord duquel on doit dormir le même soir… magique!

Tout comme la montée, la descente est difficile, mais pour d’autres raisons. Pas de pierrier de ce coté-ci, mais en revanche un sentier particulièrement étroit et surplombant un à-pic assez flippant. Le début du chemin est intégralement sécurisé ce qui – quand on a pas le matériel nécessaire – n’a pas le don de rassurer des masses. Mais la descente se passe bien. On y croise une famille qui randonne avec deux labradors, chacun des chiens portant son petit sac à dos :) et le papa portant – non pas une antenne parabolique comme on a pu le croire au début – une tente pour les chiens au cas où ils n’aient pas le droit de dormir dans le refuge!

La descente est longue et pas très intéressante. Le chemin n’est pas facile car fait de grosses pierres. Il nous faut sauter de bloc en bloc ce qui empêche de regarder le paysage et fait mal aux pieds… mais on arrive à bon port à la Dominikushütte comme prévu. Ce refuge est en fait une “Gasthof” où on passera une soirée sympa mais sans plus.

Mardi 12 Août : Dominikushütte (1805m) – Pfitscher Joch (2089m) – Pfitscher Joch Haus (2248m) – Stein (1535m)

A notre réveil, le temps est “pourave”. Gris, pluvieux et avec plein de brouillard… heureusement que cette étape est une de nos plus courtes. On commence par 2h de montée vers le refuge de Pfitscher Joch qui, bien qu’il ait un nom à consonance germanique se trouve en Italie, quelques dizaines de mètres derrière la frontière (en fait il a un autre nom en Italien mais bon hein…). On s’y réchauffe brièvement – avec un chocolat chaud dégueu – avant d’attaquer la descente qui se déroule dans les sous-bois.

Il est 13h quand on atteint Stein – qui n’est pas un refuge mais un petit village – où on avait réservé une chambre dans une “pension” (B&B). On croise d’ailleurs un groupe de 4 étudiants frisant les 18 ans qui, ne trouvant pas d’endroit où dormir s’enverront l’étape du jour plus la suivante… les fous!

Première douche chaude de notre ballade, sieste bien méritée, diner dans un resto où on reçois des Spaghetti Carbonara quand on commande un cordon-bleu (?!), soirée JO à la télé et dodo bien mérité…

Voila qui clôt les 4 premiers jours de notre ballade, le premier sommet à 2900m d’altitude, le passage de la frontière Italienne, les premières courbatures dans les jambes ou dans le dos (sac a dos bien trop lourd avec ses presque 20kg)… sur-ce, je vous laisse avec quelques photos triées sur le volet.