Il semble que je sois dans une période Vernor Vinge. Après A fire upon the deep et A deepness in the sky, je viens de lire Rainbow’s End, le plus récent des livres de Vernor Vinge et lauréat du prix Hugo 2007, alors que Marooned in Realtime (1986) trône déjà sur mes étagères dans la catégorie “soon to be devoured”.
Soyons francs, Rainbow’s End commence plus fort qu’un Tom Clancy mais ne m’aura, en définitive, que moyennement plu!
En un tout petit chapitre ayant trait à la sécurité nationale, Vernor Vinge nous envoie sur les sphères géniales du complot mondial. Alors que Bombes atomique semblent être légion et découvertes de virus meurtriers quotidiennes, Vernor Vinge nous présente un nouveau type de menace aussi redoutable que géniale.
Un “pitch” multicouches
Pendant le match du Superbowl (?!) passe une publicité apparemment anodine pour des gâteaux. Un pic record de consommation est alors observé, pic si impressionnant qu’il attire l’attention des agences de sécurité. Plusieurs contres-études sont faites et il s’avère que cette publicité n’a vraiment rien de spécial. Rien, si ce n’est qu’en recoupant les listes d’acheteurs avec une certaine liste de malades atteints par un virus récent (3M de malades), on obtient une corrélation record. Quelqu’un dans le monde a développé une technologie permettant de “contrôler” les réactions d’autres êtres humains via un Virus activé à la demande.
Avouez que ça en jette comme accroche hein?! Tenez vous bien, le livre ne parle (presque) pas de cela!
Le personnage principal s’appelle Robert Gu, un poète de renom vieux de 75 et miraculé de la médecine moderne. Après avoir vécu 20 ans rongé par la maladie d’Alzheimer, il vient de recouvrer toutes ses facultés mentales ainsi qu’un corps à peine sorti de l’adolescence. Seulement voila, en ultra-technophobe qu’il est, se réveiller dans un monde où il faut apprendre à “porter” des vêtements bardés de capteurs, où l’on “texte” par la pensée (ou presque) et où l’on modifie la réalité à tout bout de champ (via des lentilles de contact), n’est pas forcément le paradis promis ; d’autant plus quand il se rend compte que la seule chose qu’il n’a pas retrouvé c’est son talent inné pour arranger les mots - et ça il kiffe pas dutout Robert.
Huh?
Vous vous demandez comment la première partie de l’histoire peut bien rejoindre un jour la seconde, non? En fait, Gu va vite se retrouver pris dans l’engrenage de la machination sus-décrite, en tant que simple pion porté par un irrésistible désir de recouvrir son art.
Grâce à l’avalanche technologique qu’on prend dans la tronche (c’est clairement le point fort du livre), on assiste à des “identity theft” (comment ça se dit en français bon-sang?! impersonalificalisajesaisplusquoi…rhooo) en pagaille et des jeux d’agents doubles voir triples qui, s’ils feront presque jouir l’imagination technophile d’un esprit comme le mien, produisent au niveau de l’histoire une déperdition de latin notoire.
Combien de fois me suis-je dit: “attends mais c’est qui lui? Hum… ah ouais je me souviens maintenant, il était à la réunion avec untel et untel où ils voulaient faire ci et ça… et la il fait pas dutout ça… mais il n’est pas du coté des gentils? et il ne fait pas le jeu du méchant numéro1 et du méchant numéro2 non plus… hou-pinaize…>_<”
C’est… c’est… c’est du Vinge!
Je crois que c’est en fait le meilleur compliment qu’on puisse faire à ce livre. Comme dans les précédents ouvrages, Vernor Vinge balance des infos à tout va, charge au lecteur de se faire une idée de ce qu’il à en tête et de suivre le cheminement de sa pensée - c’est un genre qui ne plaît pas à tout le monde.
Le problème que j’ai eu avec cet ouvrage se situe certainement dans la complexité de l’histoire. Là où dans les précédents livres, l’histoire était plutôt simple et l’environnement réellement complexe, on assiste ici à l’inverse ce qui est 1) déroutant 2) un brin repoussant. Certes le coté technologique fait rêver, mais l’histoire ne porte pas assez le lecteur… un réel mauvais point pour moi.
Le temps du bilan
En fait, si j’en crois mes impressions viscérales, la machination mondiale est là, bien camouflée derrière une histoire possédant tant de couches qu’elle apparaît presque banale. Si vous vous prenez d’envie de me demander si cette dernière vaut le coup, la réponse sera franche et nette, non!
En revanche c’est au niveau de la science-fiction pure que Vernor Vinge marque un véritable point. Les idées de futur technologique qu’il développe sont aussi géniales que proches de nous (contrairement à ses précédents livres) et aussi attrayantes que simples et pourtant modifiant le monde en profondeur.
On parle de révolution technologique avec l’avènement des communications, “raz de marée dans les relations humaines” n’est pas encore assez fort pour qualifier le futur que nous présente cette histoire… et le pire c’est que même si ca ne se fera probablement pas de mon vivant, ça parait suffisamment proche pour espérer voir des trucs s’en approchant quand même!
En bref, un bouquin pour technophiles en manque d’imagination, les autres passez votre chemin!
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