Posted on Mar 10, 2008

Who is John Galt ?

Je viens de finir un livre intitulé “Atlas Shrugged”, “Atlas haussa les épaules” en français, que Greg (encore lui) m’avait conseillé de lire. Il ne m’avait pas vraiment expliqué de quoi il retournait si ce n’est que ça parlait de capitalisme et d’interventionnisme de l’état. Malgré le caractère un brin sommaire de sa description, son enthousiasme m’avait convaincu… je comprend aujourd’hui pourquoi.

Atlas Shrugged est un livre très complexe et d’une profondeur impressionnante malgré des airs de romans “tout public”. Ce livre cache en fait un traité philosophique de 1000 pages absolument poignant, duquel il est franchement difficile de se sortir une fois commencé.

Atlas

Écrit en 1957 par la philosophe Ayn Rand, ce livre a pour colonne vertébrale une éloge de la raison et de l’esprit, “rien ne vous oblige de vivre” semble-t-elle dire, “mais si vous vivez alors vous devez vous en donner les moyens”.

Voici une citation d’un passage très important du livre résumant assez bien la thèse d’Ayn Rand :

« Non, vous n’êtes pas tenus de vivre si vous ne le voulez pas; mais si vous choisissez de vivre, vous devez vivre en êtres humains – par l’effort et le jugement de votre esprit.

[...]

Non, vous n’êtes pas tenus de penser: c’est un acte de choix moral. Mais il a fallu que quelqu’un pense pour vous maintenir en vie. Si vous choisissez de vous dérober à la pensée, vous vous dérobez à l’existence en en transmettant la charge à un être moral, en espérant qu’il sacrifiera son bien-être pour vous permettre de survivre dans votre vice. »

Voila la thèse d’Ayn Rand : servez vous de votre cerveau ou ne vivez pas! Dit comme ça c’est un peu brutal, alors pour faire avaler la pilule, Ayn Rand enrobe cela dans une histoire que l’on pourrait presque qualifier de roman d’anticipation et que je ne peux présenter sans me référer à la deuxième partie de la précédente citation.

L’histoire se passe en Amérique du Nord, au moment où les “êtres qui se dérobent à la pensée” sont devenu tellement nombreux, et sont donc un tel poids pour les “être-moraux”, que la société entière commence à se casser la figure.

Le déclin est tel que les dirigeants (les “être qui se dérobent à la pensée” par excellence) accentuent de plus en plus le poids qu’il impriment sur les être-moraux, pour conserver leurs acquis. L’interventionnisme outrancier de l’état et l’attitude de ces “pillards” ou “mendiants” (termes utilisé dans le livre) ronge lentement l’économie, économie qui résiste péniblement grâce au travail de quelques industriels sacrifiant leur “bien-être” pour continuer leur activité.

Ces quelques grands penseurs, scientifiques et industriels décident alors de se retirer de la société pour prouver aux dirigeants où se trouve réellement le moteur du monde…

Comme tout traité philosophique, il faut du temps pour digérer un flux d’idée si concentré. Cela fait maintenant deux semaines que j’ai commencé ce post et que je le modifie presque tous les jours sans réussir à trouver les mots que je veux.

Pour seule conclusion je dirais donc qu’Atlas Shrugged est un très bon livre que je vous recommande vivement de lire. Je vous préviens cependant qu’il n’existe pas de traduction française et que la version anglaise n’est pas facile d’accès. Cela dit, ça vaut vraiment le coup de tenter l’aventure.

3 Comments

  • Greg says:

    Tu vois que c’est pas facile à expliquer ^^ Et puis sachant que tu me feras confiance je préfère entretenir la surprise moi toujours :P

    Bon maintenant que tu l’as lu, j’espère que tu vois les nombreux abus bien relou qu’elle fait pour faire passer son propos (Les adversaires de ses héros sont juste des cons sans cervelle ce qui permet de ne jamais avoir d’arguments contraire convaincant…)

    Et puis en dépassant même son style, on se demande si elle va pas un peu loin…

    Rhalala vraiment intéressante comme bouquin :P Ca donne une explication à l’autre point de vue je trouve ^^

    Bon j’arrete on en reparlera en avril :P

  • Tim says:

    Oui, je n’en ai pas parlé parce que ça n’intéresse que ceux qui auront lu le livre, mais effectivement le manichéisme primaire est un brin abusif. On a d’un coté les industriels américains grands, beaux, sportifs, musclés, riches et intelligents et de l’autre les pires tares, avides et stupides que la Terre ait portée. C’est certain que le seul argument contraire apporté c’est “mais vous avez pas le droit”… bof!

    Mais pour faire une analogie scientifique, Ayn Rand se met dans le cas extrême pour prouver sa théorie dans le cas général donc une fois ceci compris et l’esprit critique mis en marche on s’abstrait assez facilement de ce souci et on apprécie bien la thèse qu’elle présente non ?

  • [...] littéraire de l’année 2008, Atlas Shrugged m’a fait beaucoup réfléchir. Tout autant roman d’anticipation que traité [...]