Dec 21

Nuremberg est paraît-il mondialement connu pour son château impérial (Kaiserburg), ses petites saucisses (Nürnberger Bratwürstchen), son triste passé National Socialiste & son procès et… son marché de Noël!

Dans la tradition Allemande, et en particulier Bavaroise, le “Christkind” a une superbe longueur d’avance sur le Saint Nicolas sans parler du Weihnachtsmann (Père Noël) qui est lui relégué en deuxième division. C’est en effet le Christkind qui apporte leurs cadeaux aux enfants sages et invite qui veut bien venir à visiter son marché de Noel, le Weihnachtsmarkt, intitulé en fait le Christkindlsmarkt!

Le Christkind prend véritablement chair après un casting digne de “La Nouvelle Star” tenu tous les deux ans. Une jeune fille de 16-18 ans est choisie pour être le Christkind et arpente alors une quantité de marchés de Noël en Franconie, en Bavière, en Allemagne ou bien même à l’étranger!

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Le marché se tient du vendredi précédent le premier dimanche de l’Avent jusqu’au 24 décembre sur la place centrale de Nuremberg, le Hauptmarkt, au pied de l’église “Frauenkirche”. C’est d’ailleurs du balcon de cette église que le Christkind va accueillir tous les visiteurs lors de la cérémonie d’ouverture en récitant le prologue ci-après. Un chœur d’enfants se met à chanter des chants de Noël, toutes les lumières s’éteignent, on étreint alors son mug de Glühwein (vin chaud épicé qui monte direct à la tête) avec encore plus de ferveur pour chercher un peu de chaleur et la voix du Christkind se fait entendre :

Ihr Herrn und Frau’n, die Ihr einst Kinder wart,
Ihr Kleinen, am Beginn der Lebensfahrt,
Ein jeder, der sich heute freut und morgen wieder plagt:
Hört alle zu, was Euch das Christkind sagt!

In jedem Jahr, vier Wochen vor der Zeit,
Da man den Christbaum schmückt und sich aufs Feiern freut,
Ersteht auf diesem Platz, der Ahn hat´s schon gekannt,
Was Ihr hier seht, Christkindlesmarkt genannt.
Dies Städtlein in der Stadt, aus Holz und Tuch gemacht,
So flüchtig, wie es scheint, in seiner kurzen Pracht,
Ist doch von Ewigkeit. Mein Markt bleibt immer jung,
Solang es Nürnberg gibt und die Erinnerung.

Denn alt und jung zugleich ist Nürnbergs Angesicht,
Das viele Züge trägt. Ihr zählt sie alle nicht!
Da ist der edle Platz. Doch ihm sind zugesellt
Hochhäuser dieses Tags, Fabriken dieser Welt,
Die neue Stadt im Grün. Und doch bleibt´s alle Zeit,
Ihr Herrn und Frau´n: das Nürnberg, das Ihr seid.
Am Saum des Jahres steht nun bald der Tag,
An dem man selbst sich wünschen und andern schenken mag.
Doch leuchtet der Markt im Licht weit und breit,
Schmuck, Kugeln und selige Weihnachtszeit,
Dann vergesst nicht, Ihr Herrn und Frau´n und bedenkt,
Wer alles schon hat, der braucht nichts geschenkt.
Die Kinder der Welt und die armen Leut’,
Die wissen am besten, was Schenken bedeut´t.

Ihr Herrn und Frau´n, die Ihr einst Kinder wart,
Seid es heut´ wieder, freut Euch in ihrer Art.
Das Christkind lädt zu seinem Markte ein,
Und wer da kommt, der soll willkommen sein.

Je ne vous cache pas que je ne retenterai pas la cérémonie d’ouverture de si tôt vu le monde présent… et en particulier vu la proportion de poussettes présent (Greg, pas la peine d’y voir un message particulier :P). Malgré tout l’ambiance était très sympathique!

Chaque petite tente vend qqch de différent. Entre jouets en bois et décorations de Noël, on trouve des accessoires de maisons de poupées, des stands de bonnets aux couleurs affriolantes ou des montagnes de pantins et autres figurines faites de bois et de tissus (ou faites en noix, dates séchées et gâteaux apéritif ^^) disposées en un feu d’artifice de couleurs.

Caramel, pain d’épice et pâte d’amande par-ci, odeur fruitée de vin chaud par là ou encore une épaisse fumée sentant bon la grillade provenant des Bratwürstchen entrain de se faire dorer la rondelle sur un grill géant… c’est une véritable extase des sens que ce marché de Noël.

Durant toute la période de l’Avent des groupes entiers de gens se retrouvent là bas pour boire ensemble un vin chaud en grelottant. Le marché est alors plein à craquer tous les jours de 16 à 20h (heure de fermeture) mais l’atmosphère bon enfant et la “Weihnachtstimmung” (l’humeur de Noël) aidant, c’est un grand moment de détente que de s’y balader.

Voila les plus belles photos que j’ai pu prendre malgré la foule (le tout présenté via Pictobrowser… pour tester)![pictobrowser 8012950@N08 72157603514611917]

(Photo du Christkind et Prologue tirés de Br-Online)

Dec 20

Pour réagir à une news de Caféine sur Gameblog, j’ai enfin mis en forme une petite réflexion vidéoludique qui me taraude depuis longtemps. Je vais vous parler d’un des mécanismes antédiluviens du jeu vidéo qu’est la “barre de vie”.

Cette barre, introduite pour simuler un “potentiel de dégâts” que le joueur peut encaisser avant de “mourir” dans les jeux de “combat” est, je pense, un des systèmes les plus vieux et les plus éclusés qu’il soit dans le monde du jeu vidéo. Cette barre est le plus souvent rouge, sa taille est presque toujours variable au sein d’un jeu mais descend toujours trop rapidement.Vous voyez ce dont je parle ? Non ? Ca là, le gros truc rouge en haut de l’image :

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En y réfléchissant, son apparition est très logique. Les jeux vidéos cherchant à imiter la réalité, la barre de vie est finalement un outil aussi pratique que bon marché lorsque l’on cherche à modéliser l’état d’un personnage. En effet, l’envers du décors des jeux vidéos étant à 99,9% des mathématiques ; représenter la santé d’un personnage par une jauge quantifiable est un bonheur de simplicité pour la suite.

Par exemple, les jeux de rôle raffolent de nombres et tout y est quantifié. Les personnages ont des points de vie, d’expérience, de force, d’endurance, d’agilité etc. et tous ces points sont reliés dans l’ombre par des formules mathématiques permettant à chacun d’entre eux d’influencer tous les recoins du jeu. Lors d’un coup d’épée, on va utiliser la force pour déterminer le nombre de points de dégâts, l’agilité pour savoir quel est le pourcentage de chances de toucher l’adversaire etc.

Si tous les jeux ne se calquent pas sur ce modèle exactement, la quasi totalité des jeux qui affichent une barre de vie utilisent d’une manière ou d’une autre un système qui dit grosso-modo que lors d’une attaque :

  • Je réalise un calcul basé sur mes points + du hasard pour connaître les X dégâts que je t’inflige,
  • Tu réalises un calcul basé sur tes points + du hasard pour connaître les Y dégâts que tu encaisses,
  • Tu manges dans ta gueule X-Y dégâts qui sont plus ou moins directement retirés de ta barre de vie.

Ce qui me dérange en fait, c’est la symbolique même de la barre de vie pour représenter la réalité lorsqu’on la pousse aux extrêmes. Une barre de vie pleine devrait signifier que tu pètes la forme et au contraire, une barre de vie vide devrait indiquer que tu es bon à momifier. Hors le système actuel est quasiment binaire :

  • Entre 100% et 1% de vie tu pètes le feu.
  • A 0% tu manges les pissenlits par la racine…

… voila qui est profondément erroné et pousse à des comportements complètement étranges comme des gens qui partent au combat sans toute leur vie en se disant que s’ils risquent de mourir plus vite, ils ont au moins toujours le même potentiel de destruction.

Si on voulait se rapprocher de la réalité, et il suffit de regarder l’évolution des graphismes dans les jeux pour se conforter dans l’idée que on veut s’en rapprocher, il faudrait ajouter beaucoup de finesse dans ce monde de brutes. Il faudrait en fait ajouter de la fatalité et introduire une différence entre 100% et 1% de vie…

Pour la petite histoire :

Nous (Joe et moi) avions décidé de développer un tel système de graduation (très simpliste) dans un petit jeu baptisé “Zeldarena” en 2001 (~combats des personnages de Zelda dans une arène). Nous étions pour cela parti du principe que lorsque l’on est blessé, on se déplace moins vite.

De plus, nous avions programmé le comportement des joueurs pour qu’ils fuient vers les zones où se trouvent des packs de soins si jamais leur santé passait en dessous d’un certain seuil critique.

Le jeu en mode totalement automatisé (4 joueurs gérés par l’ordinateur et sans intervention humaine) était alors hilarant à regarder pour peu qu’on connaisse deux règles précédentes. On pouvait alors voir des petits bonshommes fuyant le combat avec une vitesse d’escargots et finissant bien souvent morts, poignardés dans le dos, à quelques mètres du medipack le plus proche… c’était profondément mesquin… mais hilarant!

Si on y réfléchit un brin, dans un combat à mort, rare est celui qui succombe d’avoir collectionné des coupures et finalement perdu tout son sang. La mort arrive via un coup relativement fatal tuant ou incapacitant la personne. Si on veut tout de même graduer les coups, il faudrait alors jouer sur l’efficacité des techniques en affaiblissant le joueur qui est touché voir en incapacitant des zones de son anatomie si possible. Mais le point central de ma réflexion reste une restauration de la fatalité : si je te touche correctement, tu meurs!

Pour arriver à utiliser un tel système, on n’est pas obligé de jeter le bébé avec l’eau du bain. Le système de gain d’expériences et de niveaux peut être conservé et augmenter la facilité que l’on a de bouger et dévier/bloquer un coup ou d’augmenter la puissance des coups et les techniques disponibles. C’est la logique du combat en elle même qui va alors changer, se basant bien plus sur les compositions de mouvement destinées à créer une ouverture dans la défense de ce dernier que sur le nombre et la puissance des touches.

Bienvenue dans le monde ou j’évite tous tes coups et finis par te trancher la gorge au moment où tu as fait un mouvement un peu trop large. En revanche si j’évite mal et me paye le tranchant de ton épée au passage… je vais direct au cimetière, j’ai joué et j’ai perdu.

Vous l’aurez compris, je souhaite voir restaurée la loi du one-shot : one-shot qui est pourtant le pire cauchemar de tout joueur actuel. Mais, le one-shot que je préconise peut ne survenir qu’après quelques 30 secondes de combat intense constitué d’évitement, parades, contre sorts et autres techniques défensives… alors que le premier réel coup au but restant quand à lui un One Shot pur et simple.

Pour terminer j’ai une question à vous poser :

Je ne parviens pas à comprendre pourquoi aucun jeu ne va réellement dans cette direction. C’est une évolution qui me parait tout à fait normale et appréciable. Y a t-il une faille majeure dans un tel système de jeu que je n’aurais point vu ?

Dec 18

Grâce à Ghusse, je me suis mis aux Podcasts de France Inter (podcast = enregistrement d’une émission mis à disposition de manière régulière sur internet, comme un article de blog), un moyen très pratique de conserver un pied en France tout en m’instruisant.

Ce matin, je vous glisse un petit mot sur une émission que vous trouverez absolument géniale, pour peu que vous ayez encore un soupçon de curiosité enfantine en vous.

L’émission s’intitule “les petits bateaux“. Le concept est simple : des enfants appellent et laissent leurs questions sur un répondeur, Noëlle Breham se charge alors de trouver une personne à même d’y répondre. Chercheurs, enseignants, psychologues, historiens, écrivains etc. se croisent dans l’émission pour répondre, souvent avec une simplicité déroutante à des questions d’une complexité parfois effarante.

Juste pour vous donner une idée, voila les thèmes des 3 dernières semaines :

  • Un chat est il triste quand son frère meurt ?
  • Les chats mâles on-ils également des nénés ?
  • Comment fonctionne le cerveau ?
  • Est ce que c’est vraiment le Père Noël qui fabrique tous les jouets ?
  • Pourquoi les ballons gonflés à “l’hé-liu-um” se dégonflent au bout de 2 jours ?
  • Pourquoi est ce que les théâtres sont parés de teintes rouges ?
  • Qu’y a t-il derrière les distributeurs de sous ?
  • Quelles sont les hypothèses sur l’apparition de l’homme ?
  • Pourquoi maigrit-on si on ne mange pas ?
  • Comment fait le feu pour brûler, et pourquoi le bois brûle ?
  • Années-lumières, galaxie et système solaire ?
  • Faut-il aider ou pas un aveugle dans la rue ?
  • Les insectes ont-ils des poumons ?
  • Comment se fabrique le pétrole sur la terre ?
  • Pourquoi la vue change et comment fait on des lunettes ?
  • Qui fût le premier Président de la République française ?
  • L’hibernation, rester sans boire et sans manger, comment c’est possible ?
  • Comment se fabrique le cristal ?
  • Pourquoi les chinois mangent-ils avec des baguettes ?
  • Comment marche la digestion des plantes carnivores ?
  • Pourquoi ne voit-on pas les infrarouges ni les ultras-violets ?

Avec 2 minutes par réponse environ cela va très vite, mais c’est souvent suffisant pour donner un début de réponse qui suffira à la plus part et invitera les autres à aller chercher eux même pour en savoir plus.

Je garde un souvenir ému de l’explication sur les limites de l’univers et l’explication de l’infini mis à la portée d’un petit bout de 6 ans (émission du 7 octobre)…

Une émission dont je raffole, à écouter en famille, surtout si vous avez des enfants!

(Image tirée du site de l’émission sur radio-france.fr)

Dec 17

Quelques éléments croustillants pour vous donner envie de lire l’article de Tim Bray au sujet du web et l’entreprenariat sur le net :

“A complex system that works is invariably found to have evolved from a simple system that worked”

“Getting started should be free. Also, it shouldn’t take more than a few days [...]. Emma can write CGI scripts. She has the idea on Wednesday and gets the script working next Monday, and one quarter later, either gives up on the idea or is incredibly rich. Both are good outcomes”

There are two kinds of people in the world: those who might do business with you, and those who never will. For the second group, you lose nothing by letting them grab your stuff for free.

Dec 13

Financer le cinéma en taxant ailleurs ? C’est monnaie courante en France… avec par exemple cette nouvelle loi de taxation des services vidéos sur le net votés à la va-vite sans lire le texte par nos chers députés le 6 décembre 2007. Cet amendement permet à l’État de prélever 2% de tous les revenus publicitaires d’un site diffusant des vidéos.

Devant la levée de boucliers observée Marie-Hélène Des Esgaulx, auteur de l’amendement, est forcée de s’expliquer avec une superbe candeur en disant un truc très proche du ah mais non pas dutout, ça ne concerne que les services payants de Vidéo à la demande.

Ah ouf Marie-Hélène, heureusement que tu es là parce qu’on avait mal compris le passage ou tu disais que cette loi s’appliquerait à “toute personne établie en France qui met à disposition du public un service offrant l’accès à titre onéreux ou gratuit à des œuvres ou documents cinématographiques”. Vous noterez donc le “personne” et “gratuit” qui cumulés font que sur ce blog, si j’utilise l’intégration de Youtube pour vous montrer une vidéo, paf je dois 2% de mes 0€ à l’État.

Plus généralement, j’aime particulièrement le passage de l’article de 20 Minutes.fr où Madame la député réponds à la question suivante “En taxant les entreprises du Net, votre amendement ne risque-t-il pas de freiner la création sur le Net?” par la réponse géniale “Je voulais faire le contraire mais je ne suis pas une spécialiste de ces questions”. On est tout de suite rassurés hein ? Pas de craintes à avoir, ce ne sont pas des spécialistes qui proposent des lois donc tout va bien, ne vous inquiétez pas.