Pfiou, enfin fini. Ce n’est pas souvent que je me permet ce genre de tournure, mais là il le fallait. Voila une grosse page qui se tourne, je viens de ranger au placard mon costume d’étudiant pour de bon, et après 21 années de bons et loyaux services, je doute de le réutiliser de si tôt. Mais revoyons l’histoire dans les détails si vous le voulez bien:
Prologue
C’est un certain jour d’avril 1983 que j’ai pour la première fois empli mes poumons d’un bon air nitré pour pousser ma première gueulante… et voila, il est né avec un bon gros mois d’avance et une circulaire du cordon!
Paternelle
C’est en septembre 1986 que tout commence coté scolaire. Fini de rire, j’ai trois ans et des brouettes et on me case direct en moyenne section de maternelle, pas vraiment dans la joie ni la bonne humeur. C’est à cette époque que je rencontre un certain Arnaud, qui restera (et est toujours) un ami très cher. J’ai peu de souvenirs de cette époque, des courses dans les couloirs, à cheval sur les matelas, au moment de la sieste et dégustation de barquettes de Lu à la récré… mais pas plus.
A la rentrée de Septembre 1987, je reste en moyenne section, pas envie d’aller chez les grands, la sieste c’est trop bien, c’est décidé j’y reste. La version officielle des faits c’est que je suis pas prêt. Si seulement vous pouviez voir la photo de classe de l’époque, on dirait un enfant battu, malheureux comme tout. Finalement je crois que rester en moyenne section c’était la bonne idée.
Le passage “grande section” n’est marqué par rien de… marquant! Si ce n’est que c’est à cette époque que se forge mon premier groupe de copains: Guillaume et Maxime viennent s’ajouter à Arnaud dans mon cercle restreint.
Primaire (comportement)
Septembre 1989 c’est l’entrée au CP, dans la classe de Mme Florence Arnaud (qui a pris sa retraite cette année). Jean Baptiste (fils d’un entraineur de basket bien connu) s’ajoute au groupe de copains. On sera inséparables jusqu’à la fin du collège pour certains… encore aujourd’hui pour d’autres.
Le CE1 se passe sans encombres. Dans la classe se trouvait un poster du musée du bourget représentant une cinquantaine d’avions de tous les âges. Si j’ai choppé le virus de l’aéronautique qqpart, c’est bien là… avec en plus la rencontre d’Aymeric D., dont le père était pilote de chasse… rho le rêve (perdu de vue un ou deux ans plus tard d’ailleurs… j’aimerai bien le retrouver un jour)! A ce moment la je fais aussi la connaissance d’un certain Thomas G., le hasard voudra qu’on se “retrouve” via le site “copains d’avant” en 2003… comme quoi ça marche!
Le CE2 est marqué sous le signe de la terreur dans la classe de la directrice. Et le CM1 n’est franchement pas mieux.
Le CM2 est par contre beaucoup plus resplendissant. L’instit de l’époque est génial, nous permet d’accéder à des activités marrantes comme la fabrication de Kazzoo et la sculpture par exemple (mon père a encore dans son bureau l’Apple 2 que je lui ai sculpté avec amour à cette époque). Coté scolaire, les choses sérieuses commencent, j’affiche déjà un profond dégout pour le moule dans lequel on tente de me faire entrer… ça promet!
Collège/Lycée stories
Premières galères, premières déceptions. Je suis séparé de tous mes copains lors de l’entrée en 6eme. Je hais ma prof d’histoire géo, je hais le français, j’ai la frousse des interros orales de maths, mais je m’éclate en techno, arts plastiques et sports, mes matières de prédilection jusqu’à la fin du lycée!
Je découvre la méthode “au raz des fesses” qui consiste à n’en faire que juste assez pour passer dans l’année supérieure, mais pas plus. Cela me vaut des frayeurs, des engueulades, des encouragements, des soupirs etc. mais c’est une valeur sure…ne rien faire c’est une philosophie! Je me bats pour rester hors du moule… c’est dur mais je résiste!
Lors du passage en 4eme en septembre 1996, c’est le “marre des relous” qui prime. J’opte pour Allemand seconde langue dans le but de quitter les gros casse burne de la classe qui filent tous baragouiner l’Espagnol. En cinq ans d’apprentissage de la langue de Goeth depuis le fin fond de la classe, je ne parle pas un mot. J’ai l’impression de m’être enfilé cinq fois d’affilée l’histoire de la séparation des deux Allemagnes et le seul mot que je ne parvient pas à virer de ma mémoire c’est “die Zigeunerin” qui signifie “la gitane”… allez comprendre.
Je peaufine ma méthode fusbury du raz les fesses au grand damne de ma mère dont le coeur s’accroche. On peut juste dire que je n’ai même pas encore enclenché la première vitesse… je suis on ne peut plus au point mort, la grande question restant de savoir si un jour je vais enfin m’y mettre ou pas.
En seconde ma technique est grillée, je ne sais pas si qqun à vendu la mèche ou quoi, mais je me tappe un avis de redoublement aux deux premiers trimestres et seul un bon coup de collier me permet d’aller rigoler en classe de première… je crois que c’est la première fois que je joue à l’élève “normal”… et pourtant je voulais pas hein, je me sens sale et tout… et donc je réitère en première histoire de.
Septembre 2000, c’est la terminale. Je choisis Spé Bio parce qu’à ce moment là c’est la science de la tête qui m’intéresse. Je m’éclate à faire une étude exhaustive sur l’action des produits dopants sur le système nerveux qui me vaudra les félicitations et la défense de la prof de bio lors des conseils de classe contre la prof de physique-chimie déclarant que je suis un bon à rien ; en fait pour la petite histoire, j’avais décidé que la chimie c’était chiant et donc de toute l’année j’ai plafonné à 9 ou 10 /20 aux exams en ne faisant que la partie “physique” sur 10 points de ces dernier m’attirant tout naturellement les foudres de la prof en question.
De Septembre 2000 à Juin 2001 je n’entend qu’une seule chose : je vais retapper. Notre classe est soit disant la classe dépotoir, le mur approche à grand pas diront les profs à tout bout de champ. Pour la petite histoire, il s’avèrera qu’une seule personne sur les 35 de la classe échouera au Bac, et que 2 de mes collègues de l’époque seront admis en primant en médecine, dont une major de Paris 5 je crois! Mais bon, convaincu d’être un raté, et ne sachant toujours pas ce que je veux faire, je raye de mes pensées les “prépas générales” et je tente tant bien que mal quelques écoles à prépa intégrées, l’EPF, l’ESIEE, l’EFREI et l’ECE. Finalement il n’y aura qu’à l’ESIEE ou j’échoue et me retrouve sur la liste d’attente…
En Juin 2001, fort remonté par mes résultats aux concours, j’attaque le Bac à bras le corps. Je m’en sors contre toute attente avec une mention AB, à moi la belle vie, j’ai survécu à tout ça sans jamais entrer dans le moule, c’est pas maintenant que ça va changer.
EPF, école des petits futés
Septembre 2001, j’intègre l’EPF en même temps que Joe, un copain de lycée qui ne me quittera plus (ou presque). Pour fêter ça je lâche l’Allemand comme un lâche pour commencer l’Espagnol… si j’avais su!
La première année passe tant bien que mal. Rester hors du moule est super hard, je suis même obligé de bosser un peu, solidement épaulé par une binôme de choc, merci Audrey! Mais la méthode raz les fesses poursuit son cours avec succès. La seule matière qui m’amuse vraiment s’appelle Algorithmique, j’en viens à me demander si j’ai bien choisi ma voie.
C’est en juin 2003, en “maths spé” que ma méthode échoue lamentablement pourtant si proche du but (premier ou deuxième recallé sur 170 gusses). Mais dans mon malheur, j’apprend que Joe a décidé de faire de même et donc on prend notre mal en patience à deux.
La rentrée se passe cependant autrement bien. On découvre que nous ne sommes pas seuls, Greg, Jérome, Tibo et Thomas (des adeptes de la même méthode et qu’on ne connaissait que moyennement) en ont profité pour faire de même… c’est à ce moment là que notre groupe se forme réellement. A partir de cette rentrée, le rang du fond de l’amphi nous est réservé, un privilège douloureusement acquis! On restera soudés jusqu’à la fin (et j’espère bien plus loin).
La deuxième année de Spé est marquée par un énorme projet d’algorithmique et de programmation. Effectué avec Joe à grand coups de longues nuits blanches, on recrée un Zelda miniature en 3 mois de temps et sous Delphi… un grand moment de bonheur dans notre malheur du redoublement et qui permettra de faire passer un peu mieux cette année franchement pénible.
En Juin 2004 se termine enfin la prépa, et en septembre commence la belle vie en 3eme année (ou première année du cycle ingénieur). Fini la prépa, fini les Kholes, fini la théorie pure et dure, voila enfin un peu de pratique… enfin en théorie! L’année se passe comme elle peut. Les espoirs de renouveau dans les sujets sont vite enterrés… l’école c’est toujours chiant. On peaufine avec Greg notre manière de fonctionner. A la méthode raz les fesses s’ajoute la célèbre phrase “réviser c’est tricher”, on en profite donc pour vivre 90% du temps dans la coloc de Joe et Greg à Bourg-la-reine écumant films et jeux vidéos matin, midi et soir…
Il ne faut pas l’oublier, en septembre 2004 commence le béta test US de World of Warcraft, c’est l’occasion pour nous de mettre le doigt dans ce monstre et voir lamentablement tout le bras partir. En Novembre vient le béta test Européen dont nous faisons encore partie, et en février 2005 c’est le grand départ pour ce qui sera presque 2 ans de jeu en Azeroth… mince de mince
En Juis 2005 le raz le bol commence. Je décide de partir loin, je prend la poudre d’escampette, direction Chicago pour 6 mois, histoire de travailler mon Anglais, faire une expérience chez Siemens Medical et accessoirement partir loin de la famille et des attaches. C’est également à cette époque que nait ce blog, sous le nom “live in windycity”, et c’est également à cette époque que je rencontre Mlle V…
Quand j’en reviens début 2006, c’est plein de doutes, sur moi, sur les études et sur ma vie aussi bien sentimentale que sexuelle-avec-les-mouches et non pas comme prévu pour attaquer la 4ème année le couteau entre les dents. Mais je serre les fesses, en laissant passer le dernier wagon du tronc commun de 4eme année en usant encore une fois de la méthode raz les fesses. C’est finalement en Avril 2006 que je mets enfin les pieds en SRI/AIS après 5 ans d’attente.
Mr Mouttou nous sort un projet imbitable. Je me souviendrais toujours de son arrivée dans la classe, un sourire machiavelique sur le visage ; s’approcher du tableau, y écrire les mots suivants “une architecture dégradable” avant de se retourner, de nous dire “vous avez 6 mois, à cet après midi” et de sortir comme il était entré!
Un clone de GAIM codé en C# entre les mains, une équipe de profs inusable usée et 6 mois de cours inoubliables plus tard, je suis toujours hors du moule, mais c’est bien moins grave désormais. Je passe le mois d’Aout 2006 en Allemagne pour y retrouver des bases correctes, et c’est en Janvier 2007 que je m’y installe pour de bon, avec Mlle V. comme coloc’ et plus si affinités
. Une demi année plus tard, je baragouine l’Allemand comme jamais je ne l’aurais cru… ah les voyages!!!
Tout est bien qui commence bien
Hier soir, je recevais un rouleau de papier de la main de Mr. Mouttou. Un papier certifiant que j’ai rempli tous les pré-requis nécessaires à l’obtention de mon diplôme, me voila nain-génieur généraliste spécialisé dans l’architecture et l’intégration de systèmes informatiques (accessoirement ça s’appelle aussi un Master 2 et c’est un équivalent européen de 300 crédits ECTS… la classe hein?)… mais bien sur!

Je peux donc enfin dire que c’est fini. Après 21 ans d’études, à me battre contre le système, à refuser la conformité, à jouer avec la limite inférieure en en faisant toujours moins… me voila diplômé. Je peux donc le dire haut et fort : c’est FINI!
La grande question qui me taraude (et peut être vous aussi) : “Et maintenant ?”… Eh bien maintenant, on commence par des vacances, je vous parlerai du reste en temps et en heure!
Quel narrateur !
C’est émouvant (et c’est pas le d’ironie).
1. Tu as de l’auto-dérision. J’apprécie beaucoup la manière humoristique dont tu tournes tes expériences. C’est peut-être drôle au moment où tu l’écris mais je pense que sur le moment c’était moins drôle. J’apprécie vraiment le recul que tu as sur toi-même.
2. Je pense qu’il t’aurait en fait fallu un précepteur. C’est vrai, l’Ecole ne convient pas forcément à tout le monde. Mais l’Etat fait au mieux pour la majorité (moi ça m’a bien convenu par exemple).
3. On a l’histoire résumée d’une partie de ta vie. Ce qui t’a construit, ce qui t’a nourri, ce qui t’a influencé. Mais j’ai envie de savoir la suite. Je reste sur ma faim : il faudra que tu refasses cette même démarche 10 ans plus tard et que tu me réserves la primeur du texte ! Ensuite il faudra que tu écrives tes mémoires. On s’en fout si c’est pas publié. Ce sera pour la postérité.
4. Pourquoi je fais ce commentaire seulement maintenant ? Tu me crois si au moment de lire ton post je me suis mis dans mon agenda : “relire le post du 29 juin 2007 de Timothée et faire mon commentaire associé” ? Eh bien oui t’as raison de ne pas me croire
. Non en fait je suis tombé dessus par hasard en navigant et je me suis dit que ce serait intéressant de (re)lire le post avec le recul qu’on a. Bref, je tenais à te faire le commentaire.
Bonne année du buffle 2009 !
A++
PS : je suis d’accord avec toi. La chimie c’est nul.