De retour à Paris, j’en ai profité pour aller faire un tour dans une boutique spécialisée dans la course à pied. Suite à mes petits soucis podologiques, j’ai effectivement décidé de prendre le problème à bras le corps, et pour commencer, d’investir dans des chaussures dignes de ce nom.
La boutique se trouve dans le 17eme, s’appelle la “boutique Marathon“, et porte très bien son nom ; les vendeurs sont des coureurs, la boutique réalise aussi du conseil performance et santé… bref, ce sont des pros… et voila comment ça c’est passé pour moi!
Les chaussures neuves de l’empereur
Arrivé dans le magasin, accueil chaleureux, je fais un petit tour histoire de voir de quoi il retourne. Deux tapis de course à droite, la caisse à gauche, un mur de chaussures tout droit et un vaste rayon de fringues après la caisse à gauche. Une télé diffuse une cassette du marathon des sables… des pros je vous dit!
J’observe quelques minutes et un vendeur arrive (le bonhomme que vous pouvez voir sur presque toutes les photos du site). Je lui expose mon problème, il tourne mes chaussures de jogging (que j’avais judicieusement apportées) dans tous les sens, éclate de rire et m’emmène courir dans la rue. 100m lui sont suffisant pour confirmer mon analyse, je suis un gros supinateur!
De retour dans le magasin, il m’explique un peu plus de quoi il retourne. S’il est possible de corriger une pronation, on ne peut rien faire pour la supination au niveau de la chaussure, il va falloir travailler au niveau de la semelle, avec un podologue du sport approprié. Cependant il revient sur son éclat de rire et me demande comment (& quand & où) j’ai acheté mes chaussures actuelles. Je lui avoue que c’était il y a au moins 4 ou 5 ans, chez Decathlon et que j’ai pris celles là parce qu’elles avaient l’air cool et pas trop cher. Il m’explique gentiment que mes chaussures sont des chaussures de vitesse, faites pour faire grosso modo 300km et surtout pas dutout adaptées à mon pied (trop étroites) et à mon poids.
Il exhibe l’écrasement de la semelle, la finesse de la chaussure et les signes de craquement de la gomme là où ça a sur-travaillé. Bref, ces chaussures ne sont pas bonnes pour ce que je fais (course plus ou moins régulière sur 10km environ). Il m’explique qu’il ne pourra pas faire des miracles du coté de mon problème de circulation, mais que je devrais tout de même changer mes chaussures d’urgence.
Il attend mon feu vert, je lui dit banco, il me demande mon poids et file dans l’arrière boutique avant de réapparaitre avec 3 boites, Asics/NewBalance/Nike, à essayer.
J’enfile successivement les 3 paires et marche dans le magasin pour tenter d’appréhender les différences entre les 3. Puis je refais un essayage complet avec course dans la rue, 200 ou 300m pour chaque paire… c’est magique.
L’amorti est superbe et le rebondi aussi. Les chaussure, faites pour des coureurs “neutres”, recentrent déjà un peu la façon que j’ai de poser mon pied sur le sol. Il faudra quand même passer par la case podologue pour faire faire des semelles, mais c’est déjà une révolution.
J’opte finalement pour la paire de NewBalance qui tient mieux mon pied je trouve tout en ayant un amorti plus important que les autres et en une grosse demi-heure me voila plus lourd d’une paire de chaussure et plus léger d’une grosse centaine d’Euros.
La grande arsouille de test
N’ayant rien à faire et lorgnant sur les chaussures depuis le début de la matinée, je suis retourné fouler les allées du Parc de Sceaux cet après midi. Pour mon “test drive” je choisis un tour du parc avec tour du canal en cadeau bonus au milieu histoire de ralonger un peu la sauce. De mémoire ça nous fait une boucle de 9 km alternant beaucoup de plat avec un peu de montées/descentes.
Pour tester en bonne et due forme, j’évite de corriger mes foulées comme j’avais pu le faire lors de mes dernières courses et je laisse mes pieds aller là où bon leurs semblent.
Premier constat, l’amorti est totalement différent. Le ressenti est différent, une étrange impression de flotter, de ne plus avoir ces chocs dans les talons (qui me faisaient poser mes pieds à plat et non pas par le talon pour les éviter) qui se répercutent dans les genoux et le dos. Pour jouir de ces problèmes à nouveau, je pousse un peu le rythme dès le début, à mon grand damne à la fin d’ailleurs.
Deuxième constat, les fourmillements n’ont pas disparu. Vers la fin de ma boucle, je commence à les sentir apparaitre dans le pied gauche, mais voila tout de même un gain brut de 3 ou 4 km… ceci couplé avec ma correction maison, une vitesse de course soutenue et peut être des semelles à l’occasion… tout devrait rentrer dans l’ordre.
Finalement, voila un plaisir renouvelé. 9km en 40 minutes, voila qui fait mal au corps mais plaisir au coeur. Bref, je peux recommencer à m’entrainer pour le prochain semi marathon avec comme cible de descendre en deça de l’heure quarante cinq!
