Mar 28

S’il y a quelque chose qui a le don de me hérisser le poil dès le matin, c’est bien les gens qui n’avancent pas!

Vous sortez du bus en même temps qu’une bonne vingtaine d’autre humanoïdes notoires et vous vous dirigez vers les escaliers les plus proches d’un pas pressé, non content de cette digestion bi-quotidienne de votre carcasse par une bouche de métro gloutonne.

Arrivé dans la station un “Escalator”, ô miracle de la technologie du repos musculaire destinée à ne plus avoir aucun efforts à fournir après le décollage, vous accueille.

Malgré le petit panneau écrit pourtant dans la langue locale “Rechts Stehen, Links Gehen” dans le cas présent, les clones de l’employé modèle qui vous entourent se plantent où portent leurs petites pattes et n’en bougent plus jusqu’à l’atterrissage.

On l’a tous fait, en discutant avec un comparse on se place en vis à vis, histoire de ne pas faire deux têtes de moins et se sentir dans une évidente position d’infériorité stratégique, ce n’est pas ce qui me provoque mon émois.

Ce qui m’énerve c’est le moment d’hésitation du pilote amateur qui, une fois arrivé à bon port sur le plancher des vaches (quoi que je doute qu’une vache ait déjà pris le métro), se retrouve pris d’une crise aigu d’attentisme primaire, fixe ses pieds fermement dans le béton en regardant à droite et à gauche d’un air crétin.

Le crash est inévitable, le sac à dos du crétin sus-dit vous servira d’air bag s’il en porte un, sinon vous irez vous encastrer dans son d’omoplate ou son épaule à vitesse grand E (E pour Escalator) en poussant un râle au moins aussi exaspéré que celui du pilote qui vous suit, qui lui aussi est entrain de vivre la même expérience traumatisante avec vous. Supposons que tout se termine bien…

Ce n’est pas fini, car maintenant il va falloir monter dans le métro, puis en descendre, vous n’êtes certainement pas au bout de vos peines.

Monter est relativement facile, il suffit de se présenter près de la porte, le moment venu de lever le pied d’une petite quinzaine de centimètres en l’avançant (c’est le moment critique où votre pied surplombe un vide infiniment profond d’un mètre cinquante) avant de le reposer avec une grâce majestueuse sur le plancher du wagon.

Mais pour ce faire, il faut compter sur la personne qui est devant vous… celle qui vient de monter une micro-secondes avant vous et qui à décidé qu’une fois que la pointe de son arrière train passé le no-man’s-land de la porte elle serait saine et sauve, parée pour le décollage… rien à foutre de ceux qui sont derrière et, même si le reste du wagon est d’aussi vide que les allées du Printemps Hausseman sont bondées en période de soldes, avancer ne lui viendrait pas à l’esprit!

Vous procédez aux étapes sus-décrites d’embarquement mais le processus s’arrête en cours de route… vous ne pouvez pas avancer sous peine de vous retrouver dans une position cocace impliquant l’arrière train pointu précédemment présenté. Encore une fois, la tension atteint son paroxysme, d’autant plus qu’une petite sonnerie retentit accompagnée des doux mots “Bitte zuruck treten” vous indiquant que vous avez une demi-seconde pour trouver un échappatoire avant de vous retrouver coincé entre deux morceaux de caoutchouc avides de laisser une trace de “noir à lèvres” sur la partie blanche de votre manteau.

Admettons que vous ayez réussi à rentrer… que ce soit grâce à un prise de conscience in-extremis du passager impliqué ou grâce à une intervention extérieure (divine?) ayant permis de débloquer le processus infernal.

Après un laps de temps variable, passé à:

  • Récupérer après toute cette décharge d’adrénaline
  • Laisser voguer votre esprit vers les contrées lointaines d’un bon roman
  • Lorgner sur le gloss particulièrement brillant des lèvres de la demoiselle assise deux rangs plus loin (en utilisant la vitre en suivant le principe de Leflanchec© bien évidemment - comprendra qui pourra)
  • Finir votre nuit la bouche à moitié ouverte, en croisant les doigts pour que votre horloge biologique vous réveille avant l’atterrissage

Mais c’est toujours pas fini, ah ça non! Il faut maintenant descendre! Au moment de la descente, la personne qui est devant vous ne vous dérange plus car elle est prise d’une irrésistibles envie de sauter du wagon en marche, mais elle va rencontrer un sérieux problème, le même problème que vous… une confrontation, un duel à mort… la confrontation des envies pressantes commence!

Le bon sens n’est plus, il a laissé place à un retour à l’esprit de la jungle : monter ou être monté crever sur le quai pour l’un, descendre à tout prix pour l’autre… voila ce qui semble attendre les passagers impatients.

Ils sont tous les deux placés en face de la porte près à bondir, l’un pour rentrer dès l’ouverture de la porte dans un “pshiii-ment” délicat et laisser derrière lui ce moment de stress intense qu’est la montée dans le métro, l’autre pour se ruer vers les escalators et vivre le dernier moment délicat qui l’attend avant de retrouver l’air pur, enfin sain et sauf.

L’hésitation est grande, vous ne manquerez pas d’entrechoquer vos épaules avec les parois humaines de l’étau qui se resserre sur vous tout en poussant de toutes vos forces sur la pointe de vos pieds pour donner ce rythme énergique à votre sortie valeureuse nécessaire pour effrayer les passagers montant et créer un semblant de panique permettant de diminuer temporairement la tension qui vous fait face et ainsi passer au travers.

… tant bien que mal vous vous retrouvez dehors, heureux d’en être sorti vivant, vous interrogeant sur la source de cette tension qui vous ronge.

La seule réflexion sensée qui vous vient alors à l’esprit prend la forme d’un questionnement métaphysique, combien ca pourrait parfois être chouette de se montrer sympa les uns avec les autres pour changer… mais vous écartez bien vite cette éventualité!

Mar 27

Je viens de passer sur DeviantArt, comme chaque semaine cela dit, et surtout je viens enfin de trouver un nouveau fond d’écran à mon goût:

Wallpapers
Mar 26

Un petit outil canadien à mettre d’urgence dans votre trousse à outils virtuelle d’ expatrié: le patron!

En tant d’expatrié vous perdez votre français! Ne dites pas non je le sais… rhoo… Si vous avez aussi des doutes de plus en plus fréquents sur ce que vous écrivez et vous demandez si tel mot prend un “m” ou deux ou alors si le participe passé de “succéder” s’accorde ou pas avec le sujet genre “les loutres se sont succédé” ou “succédées” et que vous n’avez pas un Bernard Pivot en peluche © sur vous, alors le patron est fait pour vous.

Insérez votre texte dans la zone prévue à cet effet, cliquez sur “vérifier le texte” et parcourez le texte qui vient d’apparaître dans la colonne de gauche.

  • Certains mots sont marqués en italique rouge? Une petite faute d’orthographe a du se glisser par la!
  • Certains mots sont sur-lignés en jaune? Passez votre curseur pour voir ce qui chagrine le patron, c’est peut-être une faute, en tout cas quelque chose qui lui semble louche.
  • Certains mots sont sur-lignés en rouge? Bah c’est mal, c’est que le patron a trouvé une faute dont il est presque certain, encore une fois passez votre curseur sur le mot pour trouver une explication de la règle de grammaire ou la conjugaison qui le chagrine.

Cet outil est très bien fait. Il apporte en plus des éléments comme les règles complètes correspondants aux fautes que vous avez commises au cas où vous auriez quelques minutes pour les lire et pas peur d’apprendre quelque chose.

Cela va de soi mais si vous n’êtes pas expatrié cet outil peut aussi vous aider !

Quant à savoir si “le patron” dans ce cas c’est celui qui tape sur les doigts quand on ne fait rien ou quand on se goure ou celui qui permet de créer avec ses dix petits doigts un Murloc en peluche… ce n’est pas dit dans la FAQ du site :P

Mar 26

C’est en 2005, lors de mon départ aux USA que Greg met pour la première fois entre mes mains le premier tome de la série “A song of ice and fire”. Trop occupé à découvrir mon pays d’adoption, m’entraîner pour un semi-marathon tout en faisant de mon mieux au boulot, la lecture n’avance pas. Au bout de 6 mois j’aurais lu quelques livres trouvés sur place, conseillés par des collègues, mais le “Trône de fer” n’aura pas avancé de plus de cent pages.

Deux ans plus tard l’EPF et l’option SRI enfin derrière moi, je me remet à la lecture, profitant du cadre privilégié des transports en commun pour avancer mes livres de plusieurs dizaines de pages par jour. Comme vous pouvez le lire ici à droite dans la rubrique “Saines lectures”, depuis que je suis ici j’ai dévoré les deux tomes de la “Saga du Commonwealth”, puis la “Trilogie Martienne” avant de m’attaquer aux 4 tomes actuellement disponibles de “A song of ice and fire” (le 2eme tome, commandé chez Amazon tarde d’ailleurs à venir, je vais peut être devoir attaquer la trilogie de “Rupture dans le réel” en attendant).

Cette saga, car il faut bien classer cette série épique dans une catégorie, m’avais laissé une impression désagréable. Complexe, l’histoire est très enchevêtrée. Les personnages sont nombreux voir très nombreux. La généalogie est complète sur de multiples générations avec fils et filles de seigneurs mais aussi bâtards, femmes et maîtresses ; les détails sur les familles poussés à l’extrême et pourtant à peine moins fouillé que les querelles familiales pour conquérir le “trône de fer”.

Vous comprendrez donc que lire quelques lignes ou pages par-ci par-là ne m’a pas aidé à aimer ce bouquin de prime abord. Mais en homme avisé (qui en vaut donc deux) j’ai suivi les conseils répétés de Greg, couplés à ceux de Joe et repris ce livre depuis le début, à la lueur d’un jour nouveau, un jour ou je peux lire quotidiennement ce pavé de fantasy…

… et quel pavé! Je viens d’en avaler les 700 premières pages ; sans presque m’en rendre compte. L’histoire est toujours aussi complexe, mais lire tous les jours aide à conserver les liens entre les choses et les individus.

J’ai été happé par le trône de fer, et maintenant je crève d’envie de savoir la suite. Et si vous vous y mettez, vous verrez!

L’histoire?

Cette dernière est très bien résumée par Cersei Lannister, femme de Robert Baratheon, épouse du Roi des 7 royaumes:

Si vous jouez le jeu du trône, vous gagnez ou vous mourrez!

Je ne peux vous donner trop d’éléments sans risquer de vous dévoiler des détails importants.

Les familles se battent, entre loyauté, honneur, trahison, envie, fourberies, manipulation etc. Les intrigues se nouent, les meurtres se succèdent. Le trône de fer attire, le trône de fer détruit, le jeu du trône ne s’arrête jamais!

Cet univers de fantasy est loin de celui de Tolkien. Pas de nains, pas de trolls, d’orcs et autres balrogs… l’univers de George R.R. Martin ne se sert pas de ces stratagèmes pour pimenter l’histoire. Tout au plus il parle de dragons dont le dernier aurait été tué il y a une centaine d’années et de contes et légendes tenus pour véritables et avérés…

Mais la magie de l’histoire se situe dans les personnages, dans l’intrigue, dans la vie et le jeu qui règne autour du trône de fer!

———-

Pour les connaisseurs, voila une petite galerie de certains personnages clés tirés du site Dragonsworn:

Mar 25

Voila un film profondément Allemand que je n’aurais jamais vu si j’avais pas venu comme dirait le p’tit Gibus.

Ce film, dont le titre plein de bon sens signifie “Qui décède tôt, est mort plus longtemps”, a tout de Bavarois : le cadre, mais également la langue… un patois incompréhensible, en tout cas pour moi (merci la version DVD avec les sous-tires en Allemand “normal”).

Le personnage principal s’appelle Sebastian. C’est un petit garçon de 10 ans, naif au possible mais débrouillard comme pas deux, tiraillé par des remors mal places insidieusement instilles par son grand frère… et pour cause. La mere des deux garcons est décédée en mettant Sebastian au monde, son grand frère le tiens apparement pour responsable.

Sebastian nourrit une sorte de curiosité étrange mêlée de craintes et de rejet envers la grande faucheuse. Il est mal dans sa peau, cherche comment devenir immortel en buvant les paroles qui de l’animateur radio local lui expliquant que Jimmy Hendrix vis encore au travers de sa musique, qui du pasteur local lui conseillant de “croire”, que croire lui apportera l’immortalité.

Il parle a sa mère, dans l’au delà et crois un peu ce qu’il veut en interprêtant les signes que cette derniere lui envoie en retour. Ajoutez la dessus la recherche d’une maman de emplacement et une copine pour son papa et vous pouvez commencer a imaginer les pérégrinations du petit bavarois.

Le jeune acteur qui joue Sebastian est très bon, adorable et attachant. La petite demoiselle qui lui rend la réplique l’est au moins tout autant… vous avez tous les ingrédients pour faire une histoire sympathique, digne du cinéma, celui qu’on appelle vraiment “art”. Je ne sais pas si vous aurez l’occasion de le voir en France… on sait jamais.

Toujours dans le genre, j’ai vu passer une bande annonce pour le film “Sein und Haben” connu chez nous sous le nom d’”Etre et Avoir”… on va tacher de ne pas le rater!